> Transcription vidéo « De l'ombre à la lumière »

Transcription vidéo « De l'ombre à la lumière »

Atelier niveau avancé
La présentatrice de l’émission, Silvina Carbone : Le clair-obscur est à l’honneur tout l’été en France dans le cadre de deux expositions. Une à Montpellier, l’autre à Toulouse. Au XVIIe siècle, le peintre italien Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, invente cette technique qui consiste à créer des forts contrastes de lumière sur la toile. Le mouvement caravagiste fera des petits partout en Europe. Visite guidée avec Nathalie Hayter.  
La voix de Nathalie Hayter : Des visages à l’expression tourmentée ou béate, des corps ciselés, presque photographiés, et ce clair-obscur totalement novateur à l’époque. En cette fin du XVIe siècle, Caravage va bouleverser tous les codes artistiques alors en vigueur.  Réalisme et personnages presque hors cadre,  une nouvelle manière d’appréhender la peinture.  
Michel Hilaire, directeur du musée Fabre : Ce bras saisi, de l’ange qui arrête véritablement le patriarche biblique qui s’apprête à égorger son fils, c’est presque un procédé technique qui fait que le spectateur est impliqué dans l’histoire de façon directe, de façon… avec une émotion incroyable.  
La voix de Nathalie Hayter : Ainsi naît le caravagisme, un mouvement qui va inspirer de nombreux peintres du XVIIe siècle et qui fait l’objet d’une double exposition durant tout l’été. Ici, au musée Fabre de Montpellier, 75 œuvres des plus grands maîtres latins sont exposées : Caravage bien sûr, mais également Baglione, Zurbaran, Vélasquez, ou encore le Français Georges de La Tour.  
Michel Hilaire : Georges de La Tour dans sa Lorraine natale a pu être au fait de la révolution caravagesque à travers les voyages d’artistes qui lui ont fait connaître en Lorraine même, les innovations techniques, en particulier le clair-obscur et certains sujets aussi propres à Caravage.  
La voix de Nathalie Hayter : Parallèlement, au musée des Augustins de Toulouse, ce sont les maîtres du caravagisme nordiques qui sont à l’honneur, l’école d’Utrecht en particulier. Au total, sur les deux lieux d’exposition, 140 chefs-d’œuvre issus des plus grands musées du monde.  
Axel Hémery, directeur du musée des Augustins de Toulouse : C’est d’abord la première exposition jamais consacrée en France à l’ensemble du mouvement caravagesque. Et on veut surtout montrer des tableaux absolument extraordinaires et on veut que le public ressente aussi cette impression de coup de poing à l’estomac en voyant ces œuvres.  
La voix de Nathalie Hayter : Le caravagisme dura un demi-siècle, pas plus. Un mouvement court, mais fulgurant, à partir duquel la peinture européenne ne sera plus jamais la même.