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1. PAUL SE PRÉSENTE

2. LA COUR DES GRANDS

2.1 Média+ : L’égalité des chances à Science Po

2.2 Média+ : Les incubateurs d’entreprises

3.MA PETITE ENTREPRISE

3.1 Média+ : L’outil SeeKube

4.L’AUBERGE INTERNATIONALE

4.1 Média+ : L’auberge espagnole

4.2 Média+ : 20 ans d'Erasmus

5. FAMILLE JE VOUS AIME

5.1 Média+ : L’évolution de la famille française

6. DE PÈRE À FILS

6.1 Média+ : Se faire belle pour retrouver confiance

7. MODE D’EMPLOI

7.1 Média+ : Contre la discrimination

8. LE FOOT DES INVALIDES

8.1 Média+ : La fête de la musique

9. APÉRO SUR COUR

9.1 Média+ : La fête des voisins à Nîmes

10. SEINE À DEUX

10.1 Média + : Carte postale, la Seine à Paris

PAUL SE PRÉSENTE

Paul, concentré sur son clavier, se présente. Des photos de Paul se succèdent, depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui. Paul est un jeune homme de son temps, passionné par la musique, dynamique ; c’est également un jeune entrepreneur plein d’assurance et d’ambition.

La voix de Paul : Je m’appelle Paul Cassarino, j’ai 23 ans et j’habite à Paris. J’ai cofondé y a un an une société qui s’appelle SeeKube avec deux amis alors qu’on était encore étudiants. Et donc ça fait quelques mois qu’on est embarqués dans cette aventure entrepreneuriale, sans avoir réellement fini nos études. Ce qui est intéressant avec ce projet, c’est que ça mélange deux choses très très fortes pour moi. Un besoin et une envie de se projeter dans le futur, de construire sa vie en ayant des projets… et en même temps ça oblige de… de se concentrer sur le présent, d’en profiter. Ce qui est aussi très important pour moi c’est d’être au contact des gens en permanence, que ce soit en termes de milieux sociaux, que ce soit en termes de milieu académique, que ce soit en termes de passion et de… et d’intérêt, et c’est très stimulant de rencontrer des gens.

LA COUR DES GRANDS

Paul revient dans la cour de son école primaire, décorée par une fresque peinte par les enfants.

Paul : Là c’est l’école Parmentier, où j’ai été pendant… pendant plusieurs années. Déjà à l’école y avait des maths, du français, de la biologie… Et j’avais déjà envie, je m’en rappelle très bien, j’avais déjà envie de faire des études, j’avais déjà même envie de faire Sciences Po, et euh c’est comme ça que je suis arrivé après à Sciences Po Lille et puis plus tard à pouvoir lancer ma boîte à Sciences Po Paris, à l’incubateur d’Sciences Po. C’que m’a apporté Sciences Po Lille, c’est le… la possibilité d’à la fois au départ continuer à pouvoir faire plein de choses : du droit, de la politique, d’l’histoire, d’l’économie… et pouvoir un peu retarder le… l’échéance du choix de carrière que j’devais faire. C’est, c’est ce fameux mot qu’on utilise à Sciences Po, c’est la pluridisciplinarité. Et c’est justement ce côté transversal qui me permet d’appréhender des problématiques, euh des questions de société, des questions d’économie… avec un prisme plus large que celui de quelqu’un qui va étudier pendant cinq ans, une seule et même matière.

Changement de décor, changement d’école, Paul se rend à l’incubateur de Sciences Po, rue de Grenelle. Assis à son bureau, Paul redevient le jeune entrepreneur.

Paul : L’incubateur c’est euh… c’est une structure qui est rattachée à une école et qui propose aux étudiants de cette école qui souhaitent lancer un projet entrepreneurial de les aider au tout début de leur start-up… au tout début de leur aventure en tant qu’entrepreneur. Alors malheureusement j’y suis pas tout le temps parce qu’on est déjà une grosse équipe avec plus de sept, huit personnes donc on tient pas tous à l’incubateur qui sont souvent plus des open space avec trois, quatre places. Donc c’est plus un moyen pour nous d’avoir un pied-à-terre dans le centre de Paris et de pouvoir aller à gauche à droite quand on a des rendez-vous pendant une journée, d’aller plus facilement à la Défense, de plus facilement aller euh dans le nord de paris, dans le centre. Donc pour nous c’est plus un lieu de passage, des moments où on va faire nos réunions aussi. Parce qu’on a une salle de réunion qui est ici et de faire euh… et de saluer les autres entrepreneurs, quand nous on a des questions ou quand eux ont besoin de notre avis pour les aider. Maintenant que j’vous en ai parlé, je vous emmène voir SeeKube.

Média+ : L’égalité des chances à Science Po

Certaines grandes écoles mettent en place des filières pour des élèves issus de milieux populaires. Rencontre avec deux étudiants de Sciences Po Paris venant de Zones d’éducation prioritaires.

Archive INA, 25 septembre 2007.

La présentatrice : Il semble que le mythe de l’ascenseur social ait vécu. 13 % seulement des étudiants en classe préparatoire des grandes écoles sont issus des milieux populaires. Un rapport rendu public aujourd’hui par le sénat dénonce à la fois l’élitisme du système et son coût. Pour tenter d’y remédier Sciences Po a mis en place il y a sept ans une filière pour les élèves issus de lycées de Zones d’éducation prioritaires. Cécile Laronce, Philippe Rey.

Commentaire reportage : Leïla a surmonté sa peur, elle vient d’intégrer Sciences Po. Sans le programme « égalité des chances », elle n’aurait jamais osé prétendre franchir les portes d’une grande école. Pourtant elle a largement le niveau : un bac S avec mention bien en poche, décroché dans un lycée de Zone d’éducation prioritaire.

Leïla : Je n’aurais pas pensé à intégrer Sciences Po, car on voit Sciences Po comme l’école des élites et on se dit que si on vient pas avec un certain bagage de la part… Si on n’est pas issu d’un certain milieu, on se… On se censure un petit peu… On n’imagine pas qu’on puisse en fait être capable de suivre normalement les cours à Sciences Po et d’en sortir diplômé.

Commentaire reportage : Leïla a intégré l’Institut d’études politiques en passant un concours spécifique destiné aux élèves de ZEP basé sur le contrôle continu en terminale. Sciences Po Paris a été la première école à tenter la discrimination positive. Ce dispositif mis en place en 2001 permet de détecter des élèves brillants et de leur donner leur chance comme Salem qui suit les cours de quatrième année.

Salem : Mon père est arrivé dans les… en France dans les années soixante, quand il voit aujourd’hui que son fils est entré dans une grande école, c’est une fierté pour lui et puis c’est une fierté pour moi de me dire tous les efforts qu’il a faits, tous les efforts qu’il a effectués durant tous ces jours en France eh ba… ils sont enfin… Enfin j’essaye de le récompenser, de le remercier par ça, par mon travail et par une petite réussite qui comparée à la sienne est encore… Oui encore mince.

Commentaire reportage : Aujourd’hui à Sciences Po, 95 étudiants bénéficient de ce programme « égalité des chances ». D’autres établissements prestigieux, comme HEC ou le lycée Henri IV, proposent désormais des classes préparatoires destinées aux élèves issus des milieux défavorisés. Des dispositifs, qui mériteraient selon un rapport sénatorial d’être étendus à l’ensemble du territoire français.

Média+ : Les incubateurs d’entreprises

Qu’est-ce qu’un incubateur ? qu’est-ce qu’un business angel ? La présentatrice du journal télévisé définit le principe de l’incubateur de start-up.

Archive INA, 2 février 2000.

La présentatrice : Il n’existe que deux incubateurs de start-up à Paris, mais l’un d’entre eux est le plus important d’Europe. Le principe est simple : des investisseurs mettent à la disposition de jeunes sociétés commerciales, créées sur internet, des bureaux et de quoi travailler. Bref ils parient sur eux et espèrent être payés en retour en prenant une partie du capital. Nathalie Perez, Claude Pfaffmann.

Atelier : Retour à l'école (niveau débutant)

Atelier : C’est quoi l’école ? (niveau élémentaire)

Atelier : L’égalité à l’école (niveau avancé)

MA PETITE ENTREPRISE

Paul, Neals et Benjamin, cofondateurs de la société SeeKube, présentent leur société.

Paul : SeeKube est née suite à une expérience associative que j’ai eue avec deux amis, Neals et Benjamin il y a à peu près un an. L’idée c’était qu’on a voulu rapprocher le monde étudiant du monde professionnel. Et on a surtout voulu le rapprocher à travers un nouvel outil qui allait être internet. Qui allait justement faire que les entreprises puissent recruter des étudiants de manière plus efficace, plus pertinente, et permettre aux étudiants d’avoir davantage de facilité à se faire recruter sur le marché du travail.

L’ami de Paul : Ce projet c’est très simple, il a vu le jour suite à la rencontre avec un business angel qui nous a permis grâce à ses financements de réunir autour de nous une équipe motivée, avec plusieurs compétences, donc de réunir des gens en marketing, en développement web. Et surtout par la suite d‘intégrer un incubateur, donc l’incubateur de Sciences Po Paris, qui nous a permis de disposer de locaux, et de pouvoir mettre en place une vraie stratégie pour développer l’entreprise.

Paul : Tous les matins chez SeeKube on se réunit vers neuf heures, neuf heures trente, on fait un petit point ensemble sur les chantiers qu’on va devoir réaliser dans la journée. Alors d’un côté il y a l’équipe technique, qui travaille sur les maquettes à réaliser, sur le code qu’il va falloir développer sur la plateforme. D’l’aut’ côté, la partie business s’occupe elle de toute la stratégie, pour avoir des utilisateurs sur la plateforme. Midi, vers midi, midi et demi, on se réunit tous ensemble, c’est un peu les deux équipes qui se retrouvent et font un bilan de ce qui a été réalisé la matinée. Et puis on se relance dans une après-midi qui est assez intense, qui souvent même se finit en soirée.

L’ami de Paul : Notre rêve il est simple, on a envie que tous les étudiants de France utilisent notre outil. Ensuite, on a envie que les étudiants éprouvent un vrai plaisir et finalement qu’il y ait un côté ludique dans la recherche de travail. Et je dirai enfin que, avec SeeKube, on a envie que les étudiants surtout trouvent des vraies opportunités de travail, et puissent trouver ce qui correspond vraiment à leurs attentes.

Média+ : L’outil SeeKube

Paul présente le concept de son site et son objet phare : un cube.

La voix de Paul : SeeKube propose un cube pour les étudiants, un cube sur lequel l’étudiant va pouvoir sur chaque face mettre en avant une facette de son identité professionnelle. Donc on a une première face qui est la face profil, qui permet à l’étudiant de mettre ses informations principales, mettre en avant ce qu’il recherche professionnellement. À la fois, s’il recherche un stage, un CDI, et dans quel secteur il souhaiterait travailler. Sur cette même face, on lui permet de mettre en avant les informations classiques d’un CV. C'est-à-dire ses formations, ses expériences, vraiment en le poussant à identifier les compétences qu’il a apprises et qu’il a acquises lors de ces expériences afin de pouvoir les valoriser auprès d’entreprises dans lesquelles il souhaiterait travailler. On a une deuxième face qui est la face mon univers. Alors cette face, l’idée était vraiment de pouvoir permettre à l’étudiant de se différencier, de mettre en avant des choses plus personnelles, ce qu’on appelle nous le savoir-être. C'est-à-dire qu’est-ce qui fait qu’un étudiant euh a… a sa personnalité et, et le différencie d’un autre étudiant. En l’occurrence par exemple euh, on lui permet de présenter son parcours sportif, quel sport il a effectué, pendant combien d’années. Qu’est-ce qui fait que ces sports, euh euh lui ont permis d’acquérir des qualités qu’il va pouvoir valoriser auprès d’une entreprise. Ensuite on a créé une face euh mobilité, à la fois la mobilité de passer, dans quel pays il a voyagé, dans quel pays il a fait ses études. Mais aussi ses aspirations de mobilité, dans quel pays il aurait envie de travailler, à court ou moyen terme. On a une quatrième face réseau, qui permet à l’étudiant d’vraiment montrer son réseau de manière qualitative. Pas simplement montrer qu’il a 100, 150,  200, 300 contacts, mais vraiment de montrer que parmi les gens qu’il connaît, y a des talents. Il y a des gens qui méritent d’être découverts. Et donc d’associer ces talents à son identité professionnelle. Voilà l’idée du cube, c’est d’essayer de montrer la diversité, la complexité d’un étudiant qui souhaite s’insérer sur le marché du travail. De réunir tous ces éléments au sein d’un même outil, un outil simple et ludique. Un cube.

Atelier : Une équipe qui gagne (niveau élémentaire)

Atelier : Une journée chez SeeKube (niveau élémentaire)

Atelier : Place aux jeunes ! (niveau moyen)

Atelier : Un cube pas comme les autres (niveau avancé)

L’AUBERGE INTERNATIONALE

Dans un parc, par une après-midi ensoleillée, Paul est assis dans l’herbe, son passeport à la main.

Paul : Ce qui est incroyable avec Sciences Po, c’est que la la troisième année, elle s’fait, elle s’fait automatiquement à l’étranger. On a le choix, soit de partir un an en échange universitaire, soit de partir en stage. Alors j’ai choisi moi de partir en stage à l’autre bout du monde, je vous emmène donc en voyage.

Une vue de la colline d’Hollywood. Des photos de Paul entouré de personnes qu’il a rencontrées à Los Angeles.

La voix de Paul : Alors j’suis parti à Los Angeles, dans le cadre de mon année à l’étranger avec Sciences Po. Pour 6 mois en tant que stagiaire du consul général là-bas. Donc euh voilà j’étais au Consulat général de France à Los Angeles. C’est un peu une ville de transition Los Angeles, on y va alors soit pour rencontrer l’amour, j’ai vu ça, soit pour monter sa boîte. Et aussi, c’est très connu parce qu’il y a énormément de gens qui viennent pour devenir acteur, mannequin, chanteur, et espérer avoir une carrière. Donc voilà ce que j’ai un peu en tête de Los Angeles, 6 mois surtout à… ultra intense…

Paul feuillette son passeport. Nouvelles photos, nouveau pays.

La voix de Paul : À Barcelone, c’est la deuxième étape de cette année à l’étranger. Je travaillais en fait dans une start-up euh… web. C’est un peu là où j’ai découvert le monde du web qui s’appelait Flumotion. Et je travaillais en tant qu’assistant marketing et communication, donc c’est un peu la première fois où je découvrais vraiment, un peu plus en profondeur ben… le monde de l’entreprise, et donc 80 % de mon temps je le passais chez Flumotion avec ce plaisir d’aller entre midi et deux à la plage de Barcelone en scooter. Donc moi ce qui est aussi très fort à Barcelone c’est que je voyageais en scooter partout, j’allais à la plage dès qu’j’pouvais, soit au musée Picasso, soit à Montjuic, soit à Tibidabo, et caetera, et caetera. Voilà Barcelone et puis j’suis parti un petit peu plus tôt que prévu donc, parce que j’ai eu l’opportunité d’aller à Casablanca.

Paul tourne d’autres pages de son passeport. Nouvelle destination, nouvelle expérience professionnelle.

La voix de Paul : Je suis parti à Casablanca pour travailler au Carrefour des Arts, qui est une galerie d’art et à la fois une maison d’édition en plein Casablanca. Et donc j’ai travaillé avec avec Amina Hachimi Allaoui qui était la, la responsable de ce, du Carrefour des Arts et de la maison d’édition.

Paul est assis dans un salon de thé oriental. Il retrouve Amina Hachimi Allaoui.

Amina Hachimi Allaoui : Tu veux vraiment savoir ce que tu as apporté à ce projet ? Moi je peux… je peux te dire que tu as apporté énormément, parce que bon moi je suis une passionnée donc je vais dans tous les sens. Et ce que tu m’as apporté toi, c’est… tu as structuré le projet euh…Tu as fait une communication exemplaire, d’ailleurs j’me sentais vraiment quelqu’un avec toi… quelqu’un d’important parce que tu avais une organisation parfaite euh… tous les rendez-vous, je me considérais comme une… une princesse ou une dame ministre qui allait… qui avait ses rendez-vous. Tu prenais les choses à cœur, et avec sérieux, et avec efficacité, donc on avait eu notre rendez-vous à la mairie, le rendez-vous à la Société Générale. Tu as même pu me placer dans une émission radio qui est Diamant Rose, qui a eu beaucoup d’impact euh… sur le projet euh… eh voilà donc… Je peux dire que tu as été vraiment formidable et tu as amené un poids de communication euh… extraordinaire à ce projet.

Paul donne sa carte de visite à Amina pour clôturer les retrouvailles. Il se tient à présent devant la tour Eiffel.

Paul : Maintenant, à nous deux Paris.

Média+ : L’auberge espagnole

Bande-annonce du film de Cédric Klapisch, L’auberge espagnole, 2001.

Avec :

Romain Duris dans le rôle de Xavier

Judith Godrèche : Anne-Sophie

Audrey Tautou : Martine, la petite amie de Xavier

Cécile de France : Isabelle

Kelly Reilly : Wendy

Cristina Brondo : Soledad

Federico D'Anna : Alessandro

Barnaby Metschurat : Tobias

Christian Pagh : Lars

Dans un café chic, deux hommes discutent l’un en face de l’autre. Un jeune homme, Xavier et un homme d’une cinquantaine d’années, en costume cravate, fumant le cigare.

La voix de Xavier : Tout a commencé là.

L’homme au cigare : Je dois pouvoir t’aider pour te trouver un poste. Hablas espanol ?

Tu connais l’Espagne ?

Xavier : Ouais je connais un peu Ibiza.

Se succèdent rapidement : un globe qui s’arrête sur l’Espagne, Xavier et sa copine et un avion qui décolle.

La petite amie de Xavier : Je suis triste que tu partes.

Titre : L’auberge espagnole.

Xavier : C’est à partir de là que j’ai décidé de partir un an en Espagne.

Arrivée en Espagne.        

Une femme : Et vous, vous parlez un peu espagnol ?

Un homme : Hablas Espanol ?

Xavier traverse une place à vélo.

Xavier : Alors pour trouver un appartement dans Barcelone, c’est tout une histoire.

Revue des habitants de l’appartement : un jeune homme à lunettes, un jeune homme brun, un jeune homme châtain,  une jeune femme rousse et une jeune femme brune.

Un des étudiants de l’appartement : I’m italian, german, danish, english, español…

Titre : Vivre ensemble.

Xavier : J’ai tout de suite adoré cet endroit.

Les étudiants fument affalés dans une chambre.

La jeune étudiante rousse : Xavier n’est pas… la la fuck ?

Xavier : No I guess it’s la fac.

La jeune étudiante rousse : I’m going to fuck.

La voix de Xavier : Au bout d’un moment la vie dans l’auberge s’est organisée.

La jeune étudiante rousse : Look ! en montrant la baignoire sale.

Titre : de nouvelles expériences.

La petite amie de Xavier, au téléphone en France : Mais t’avais dit que tu viendrais, putain t’exagères hein, moi j’ai plus confiance voilà.

Xavier et une copine de fac, sur le lit.

La copine de fac : Souvent vous les mecs vous comprenez rien aux femmes. Travaux pratiques. Tu la caresses, tu lui écartes les cuisses.

Une femme blonde : À quoi ça rime ?

La copine de fac : La plupart des femmes ont envie d’être prisonnières.

Une femme blonde : Mais ch’uis mariée.

La copine de fac : Tu la calmes. Tu prends ton temps.

Xavier : Ouais.

Xavier et sa copine de fac assis l’un en face de l’autre.

La copine de fac : Tu vois je te l’avais dit, toutes des salopes.

Xavier : Moi la prochaine fois je la prends par les cheveux, je lui dis direct tiens suce grosse salope. Tiens.

La copine de fac : Arrête.

Le mari de la femme blonde, en riant : Entre gaulois faut s’aider pas vrai ?

La voix de Xavier : Tout partait en couille.

Titre : des moments difficiles.

Le mari de la femme blonde : Il paraît que t’amènes ma femme dans les bars glauques du Barcelone interlope.

Xavier : Ouais je la devo…je la dévergonde…

La voix de Xavier : Pourquoi ma vie a toujours été un peu le bordel ?

Xavier : J’ai besoin de toi moi.

La petite amie de Xavier : Mais tu m’aimes pas. Tu m’as jamais aimée tout simplement parce que tu n’as jamais été capable d’aimer qui que ce soit.

La voix de Xavier : Ça a commencé franchement à basculer dans le…le franchement n’importe quoi.

Xavier et la femme blonde, en sous-vêtements, assis au bord du lit.

La femme blonde : C’est pas grave.

Xavier, à son médecin : Ça va mal. Je dors plus, ch’uis déprimé.

La voix de Xavier : J’allais partir le lendemain.

Titre : des souvenirs inoubliables. Daft Punk, Aerodynamic.

La voix de Xavier : J’avais sans doute raté plein de trucs. Ch’uis français, espagnol, anglais, danois. Ch’uis comme l’Europe, ch’uis tout ça. Ch’uis un vrai bordel.

Xavier et les habitants de l’appartement sont assis autour de la table ; en face, un nouvel étudiant postule pour une colocation.

Un des étudiants : Any other questions ?

Une femme : Vous allez voir, le bâtiment est un peu austère, mais y a une super ambiance.

Média+ : 20 ans d'Erasmus

Le programme Erasmus permet aux étudiants européens de découvrir un pays étranger dans le cadre de leur cursus. Rencontre avec Antoine, étudiant français en histoire, passant son année en Espagne.

Archive INA, 9 mai 2007.

Présentatrice : Vous avez certainement vu Lauberge espagnole, le film se basait sur Erasmus, un programme pédagogique européen qui existe depuis 20 ans maintenant. Il permet à de jeunes étudiants européens d’aller suivre des cours dans l’un des 31 pays adhérents et de faire valider cette expérience dans leur université d’origine. C’est une belle illustration de l’Europe qui marche. Exemple avec Antoine qui est parti pour un an à Valence en Espagne. Nabila Tabouri, Gregory Vasseur.

Commentaire reportage : Valence, dans le sud de l’Espagne. C’est à la nuit tombée que la température monte.

Antoine : ¿Hola qué tal? Hola buena sera!

Commentaire reportage : Ils sont allemands, italiens, polonais ou espagnols, à eux tous ils nous refont l’Europe à la mode étudiante. Celui qui reçoit, c’est Antoine le petit français. Ces fêtes ont pour eux des vertus thérapeutiques.

Antoine : Le fait d’être avec tant de personnes, c’est pour oublier les parents, la France, les copains qu’on a là-bas, et voilà…

Commentaire reportage : Le point commun de tous ces étudiants, le programme Erasmus. Antoine est en immersion totale depuis octobre dernier. Dix-huit heures de cours par semaine tout en espagnol, objectif : décrocher sa licence d’histoire.

Antoine : C’est un diplôme qui est reconnu à l’étranger, à la fois en Espagne et à la fois en France et tu reviens en parlant une langue… Et donc je pense que c’est toujours bien quand tu veux postuler, pour un CV de dire que tu parles espagnol.

Commentaire reportage : L’université de Valence accueille 1 300 étudiants Erasmus, la moitié sont français. Le soleil et les fiestas n’empêchent pas la réussite.

Enseignant : Il y a un tout petit pourcentage qui dès le début vient chercher une année de vacances… Donc ça… Mais ça, c’est inclus dans le lot. Mais normalement le pourcentage de réussite est assez grand.

Commentaire reportage : Il est de combien ce pourcentage ?

Enseignant : Pour ce que je connais directement en histoire je mettrais plus de 80-90%.

Commentaire reportage : Ballade dans les rues de Valence avec Luis, son colocataire portugais. Pour vivre, Antoine bénéficie d’une bourse de 400 euros par mois et surtout de l’aide de ses parents. En Espagne, il a découvert une culture, il a surtout beaucoup appris sur lui-même.

Antoine : Ce que j’ai découvert en venant ici, c’est la liberté, mais la liberté à double tranchant. Enfin la liberté on est loin de papa maman, mais la liberté on a du coup plein de contraintes à faire le ménage, les courses, payer le loyer.

Commentaire reportage : Ça aide à grandir ?

Antoine : Ah complètement, moi je pense que ça aide complètement à grandir, dans le sens où on est beaucoup plus mature qu’avant.

Commentaire reportage : En juillet prochain, l’année Erasmus d’Antoine prendra fin. Entre la douceur de vivre à l’espagnole et la mère patrie, son cœur balance.

Reporter : Comme Antoine, ils sont un peu plus de 22 000 jeunes Français à partir étudier à l’étranger chaque année. La destination favorite, c’est l’Espagne depuis un certain film : L’auberge espagnole de Cédric Klapisch.

Atelier : Croquer le monde (niveau moyen)

Atelier : Tu viens d’où ? (niveau débutant)

FAMILLE JE VOUS AIME

Dans le salon des Cassarino, Paul est au piano pendant que sa sœur lit sur le canapé et que son frère fait du mime derrière lui. Une photo de famille apparaît.

La voix de Paul : Alors voilà une photo d’il y a à peu près sept ou huit ans, dans ces eaux-là. Donc voilà, là c’est moi, quand j’étais préadolescent. Robinson, qui est déjà un petit peu… un petit peu le sauvage… Là c’est ma mère. Pour moi, ma mère c’est un… c’est un pilier dans ma vie de tous les jours. Pa’ce que… dès qu’y a un souci, dès que y’a… quelque chose qui va pas ou au contraire qui va bien… elle est euh… elle est là. Elle envoie des p’tites doses d’amour quotidiennes, c’est assez euh… assez fou. Elle m’apporte un équilibre assez euh assez incroyable. Là y a Laura, qui devait avoir dix ou onze ans, à peu près.

Laura : Alors avoir Paul comme faire aîné euh… j’pense que c’est très formateur… hmmm… à tout point de vue pa’ce que… déjà moi j’ai appris euh… j’ai appris à découvrir c’que c’était qu’un garçon et l’adolescence d’un garçon surtout, pa’ce que bon quand on était plus petit, j’avais moins conscience et puis euh … et puis ouais quand il a eu douze, treize ans, j’ai commencé à voir comment il bougeait physiquement, comment il se transformait, le regard qu’il commençait à poser euh sur les jeunes filles euh … sur les copines, euh sur… voilà et c’était intéressant de voir euh… ces changements-là chez lui. J’pense qu’il a vu les mêmes chez moi, mais euh… on a toujours gardé beaucoup d’intimité par rapport à ça et euh… on en a pas beaucoup parlé ensemble finalement. Mais à travers ses silences, j’ai compris euh… j’ai compris plein de choses.

Paul : Salomé, la p’tite dernière.

Salomé : Paul c’est euh… ben c’est mon… c’est mon grand frère donc euh… J’pense ‘fin… j’ai l’impression dans sa manière de m’parler et tout, j’ai l’impression que bah… il m’aime beaucoup et tout, mais euh… parfois i’ euh… ’fin souvent i’m’fait des câlins, des bisous et tout. Mais parfois euh… et c’est bien, parfois il est capable de vraiment me prendre au sérieux, vraiment me respecter et tout. Euh… Malgré nos onze ans de différence.

Paul chante au piano : Pas un sourire, reine de Saba. 

Paul montre la photo de famille : Tout à gauche mon père, alors, qu’on voit pas, qu’on voit pas tout le temps, qu’on voit pas très très souvent, mais… dès qu’il est là, et voilà, il apporte un sentiment de sécurité, une énergie assez incroyable, c’est un peu l’artiste de la famille qui nous euh… qui… qui… développe en tout cas pour moi, toute ma sensibilité, tout mon côté affectif et voilà. Il est pas souvent là, mais quand il est là, c’est une grosse dose aussi, de… une grosse présence quoi.

Paul au téléphone : Ouais allô papa ? Ouais OK, bon ben j’arrive à l’atelier là. J’arrive dans 2 minutes, OK ? À tout de suite.

Média+ : L’évolution de la famille française

En France, le modèle familial a bien évolué : petit historique des années soixante aux années 2000.

Archive INA, 7 juillet 1999.

Une femme : Eh bien, j’aurais jamais pensé en avoir tant, mais qu’est-ce que vous voulez, on les a maintenant hein, et en fin de compte je me trouve heureuse.

Commentaire reportage : Onze enfants en 1964, ces parents méritent la médaille de la famille nombreuse, un tel foyer n’est déjà plus la norme. Le modèle familial de l’après-guerre a vécu. Car la famille des années cinquante et jusqu’au milieu des années 60 est une famille nombreuse 40 % des foyers comptent trois enfants et plus. Maman ne travaille pas et tout le monde vit sous le même toit.

Un expert : À partir du milieu des années soixante aux États-Unis, en 68 en France, il y a une revendication de libertés individuelles. Et à ce moment-là on va entrer dans un modèle familial dans lequel chacun va vouloir avoir sa vie à lui.

Commentaire reportage : Avec Mai 68, puis Woodstock, les années soixante-dix entament effectivement une nouvelle ère malgré les fleurs, l’amour et les pattes d’eph’, c’est la montée en flèche de l’individualisme. En quelques années tout change, la contraception se généralise grâce à la loi Neuwirth votée en 1967, la famille se réduit. Le schéma le plus courant c’est papa, maman et deux enfants. Les femmes veulent maîtriser leur fécondité, elles veulent aussi travailler, nouvelle révolution de la cellule familiale.

Un autre expert : Il faut dire que la femme a modifié la cellule familiale par ses aspirations, ses revendications. Mais ce serait faux aussi de dire que l’homme ne compte pas et bien évidemment la place de l’homme se redéfinit et c’est ça qui est passionnant aujourd’hui, c’est que la place de chacun est en redéfinition.

Commentaire reportage : Redéfinition dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, conséquence de l’augmentation du nombre des divorces. Un tiers des couples mariés se séparent aujourd’hui en France. 13 % des familles sont dites mono parentales, mais pendant que le couple explose, les fratries se recomposent. Vive la famille tribu, chaque conjoint apporte ses enfants dans le foyer où ils restent de plus en plus tard. Le chômage est passé par là. Priés d’aider les enfants, les grands-parents redistribuent une part de plus en plus importante de leur revenu, c’est l’avènement d’une nouvelle famille unie par nécessité pour résister à la crise.

Atelier : Que fais-tu ? (niveau débutant)

Atelier : Allô papa ! (niveau débutant)

 

DE PÈRE À FILS

Jean-Louis, le père, donne des cours de théâtre aux amis de Paul. Paul et son père se font face.

Jean-Louis : Alors moi la… la première question c’est pourquoi tu m’as… t’as eu envie que je fasse ce cours avec les… avec des jeunes que tu connaissais ?

Paul : J’me disais, y’a un truc à faire pa’ce que euh, c’est des potes qu’ont une vraie personnalité, qu’ont euh… et un vrai travail à faire, et en même temps euh… euh… I’veulent pas un truc trop formé, trop sérieux. Et quand j’voyais ça à chaque fois en parallèle à c’que tu f’sais j’me disais euh… y’a un truc à faire entre la formation qu’tu fais, ton rôle de comédien, ton rôle de metteur en scène. Toi t’avais envie un peu de renouer avec le théâtre, euh… alors certes comme comédien, mais aussi, j’pense que t’avais envie de travailler avec des choses qui touchent à ça. Et j’me disais, ça ça peut être un bon… un bon entre-deux, entre tes formations… et euh

Jean-Louis : Une passerelle

Paul : Voilà une bonne passerelle et avec des gens qu’j’aimais bien et sympas. Et j’me disais qu’ça pouvait être un... un vrai truc sympa à mettre en place quoi.

Le cours de théâtre. Les amis de Paul et son père sont assis en cercle sur des chaises. Ils applaudissent Jack qui est au centre du cercle.

Jean-Louis : Comment tu t’es senti ?

Jack : Bien…

Jean-Louis : Ça va hein… Mieux, hein, ça va mieux, hein… Belle présence hein ?

Jack : Mieux réveillé.

Jean-Louis : Ouais, mieux réveillé ! (Rires)

Paul et son père, face à face.

Jean-Louis : Comment tu les trouves là ? Qu’est-ce t’en penses de ce que tu viens de voir par exemple maintenant là ?

Paul : Je les trouve quand même investis quand ils sont d’dans, c’est-à-dire qu’ils pourraient mettre beaucoup plus de temps avant de rentrer dedans. Donc j’pense qu’ils ont vraiment plaisir. J’pense qu’ils r’ssortent, moi à chaque fois qu’j’ai des p’tits retours euh… d’Arthur, de Benjamin, de Anna, ils nous f’saient des messages euh… C’était génial, j’me sens super bien donc j’pense qu’il y a tout un travail pour s’mettre dedans et pour, pour en r’ssortir après beaucoup mieux.

Le cours de théâtre. Jack, un ami de Paul répète.

Jack : Et des heures…

Jean-Louis : Et des heuuures…

Jack : Et des heuuures, encore…

Jean-Louis : Encoooore !

Jack : Encoooore.

Jean-Louis : Encoooore, ouais. Dis ouais…

Jack : Ouais.

Jean-Louis : Jack, il a une présence incroyable, une présence, une beauté extraordinaire, et c’est souvent quand il passe avec le texte qu’il se met en deçà, donc à chaque fois on est obligé avec Jack de passer par la colère pour qu’il, pour qu’il s’appartienne. Et quand il s’appartient après il est plus centré, et après le texte lui appartient.

Paul et son père, face à face.

Paul : Qu’est-ce que t’as comme ça comme émotions sur deux heures et demie avec, avec euh… avec mes potes ? Pa’ce que c’est quand même la plupart des… des potes. Qu’est-ce que t’en r’tires comme émotion ?

Jean-Louis : Moi le réel euh m’ennuie quand même considérablement et que chaque moment que je peux vivre dans cette intensité-là, pa’ce que j’recherche l’intensité dans ma vie, eh ben ça me… ma vie a une aut’ saveur, et c’est pour ça que même ce samedi après-midi ou matin, eh ben euh… y’a derrière tout ça. Au-delà euh d’travailler avec des jeunes, au-delà euh de gagner un tout p’tit peu d’argent, pa’ce que j’suis pas sûr qu’j’vais en gagner beaucoup, c’est vraiment euh cette sensation qu’ma vie a du sens, et puis cette intensité que j’recherche. Pa’ce que j’ai b’soin d’ça pour vivre. C’est un p’tit peu mon adrénaline, ma… c’est ma cocaïne à moi. Voilà, c’est ça.

Média+ : Se faire belle pour retrouver confiance

Une fois par semaine, un salon de coiffure parisien dorlote des femmes exclues de l’emploi. Découvrez cette initiative solidaire !

Archive INA, 30 mars 2010.

Catherine : Quand on perd son emploi, on perd son identité. Comme pour moi, et… on a tendance à se laisser aller, à plus s’aimer.

Commentaire reportage : Catherine, 56 ans, est au chômage depuis 9 mois. Le coiffeur c’est un luxe qu’elle ne peut plus s’offrir depuis longtemps, et l’apparence est devenue le cadet de ses soucis. Ici dans ce salon chic du VIe arrondissement de Paris elle va passer quelques heures à s’occuper d’elle, grâce à Lucia Iraci. Cette ancienne coiffeuse de studio ouvre son salon une fois par moi aux femmes de plus de 45 ans sans emploi, elle les coiffe gratuitement.

Lucia Iraci : J’ai commencé à penser qu’il fallait absolument restituer à ces femmes leur soi profond, leur visage, leur beauté intérieure. Et la beauté intérieure, ça passe par la frivolité utile.

Commentaire reportage : Lucia Iraci a décidé de donner un peu de son temps aux femmes au chômage, car pour elle la beauté, le look, c’est se donner des chances de retrouver une estime de soi et donc de la confiance. L’association Force Femmes collabore avec Lucia.

Une responsable de l’association : Quand on se retrouve sur le marché de l’emploi déprimé, et que on se voit refuser une dizaine de refus successifs, au motif de son âge ou au motif  de son look, euh je crois qu’il y a des données objectives qui expliquent qu’on perde confiance. Et on a vraiment des femmes qui sont très cassées quand elles arrivent.

Commentaire reportage : Mascara, anticerne, blush et rouge à lèvres, les femmes passent aussi entre les mains de maquilleurs professionnels, car le maquillage comme la coiffure est une façon de se présenter à la société. Véronique est venue avec ses propres produits pour apprendre à refaire chez elle ce que Fabienne lui apprend ici.

Véronique: Ça m’aide à m’accorder du temps et puis à prendre aussi le plaisir de la vie et euh…et à oser sortir et puis euh être comme je suis, voyez. Je veux dire, être, voyez dire euh, bon ben voilà, je suis comme ça, euh j’ai l’âge que j’ai euh, j’ai mes rides, j’ai mes cheveux blancs, et pis euh c’est ok.

Commentaire reportage : Lucia Iraci ne veut pas s’arrêter là, elle poursuit le projet d’ouvrir à l’automne 2010 le premier salon social qui sera ouvert toute la semaine, parce que pour elle l’apparence n’a rien de superficiel, et peut changer le cours d’une vie.

Atelier : Belle un jour, belle toujours ! (niveau débutant)

MODE D’EMPLOI

Française d’origine algérienne, Soumia Malinbaum est présidente de l’Association française des managers de la diversité. Paul rencontre cette femme dynamique et distinguée dans un salon.

Paul : J’sais pas si on doit s’vouvoyer, si on…

Soumia Malinbaum : Si ben on se tutoie alors. Quand tu dis qu’t’as un peu arrêté tes études et qu’t’as monté ta boîte, moi j’ai… j’ai, j’ai fait une maîtrise de droit à Assas, bon j’avais en projet de travailler dans une euh… organisation non gouvernementale, j’voulais voyager, j’adorais le droit international, pis la vie m’a conduit à rapidement, à rentrer dans le monde de l’entreprise, et j’ai eu une opportunité, j’suis rentrée dans une boîte américaine, le patron de… des équipes commerces m’a vu, il a vu qu’j’avais justement la niaque. C’était d’abord de l’intérim, c’était d’abord un CDD et ensuite un CDI, donc j’suis rentrée très très vite et un peu par le bas dans le monde de l’entreprise. Et donc j’ai rencontré des profils, mais totalement différents, et c’est là où j’me suis intéressée à la diversité, à la richesse que représentais toutes ces différences. Et comment à partir d’une différence qui peut être un handicap, ça devient une véritable arme de combat, et comment est-ce qu’on se dépasse et qu’on se surpasse quand on se sent différent et quand on se sent parfois discriminé.

Média+ : Contre la discrimination

Soumia Malinbaum présente la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) et son instance actuelle, le Défenseur des droits.

TV5MONDE, 2012

Soumia Malinbaum : La HALDE son activité était de lutter contre les discriminations au regard des dix-huit critères prohibés par la loi et donc chaque citoyen, tout le monde est habilité à saisir la HALDE lorsqu’ils sont ou se sentent victime d’une discrimination dans le monde du travail, dans la vie quotidienne, dans le logement. Et effectivement la HALDE a joué un rôle important. Elle a eu, elle a eu une existence majeure surtout portée initialement par un ancien président d’entreprise, Louis Schweitzer, qui a tout de suite installé cette institution un peu avec un rôle de gendarme qui peu à peu a eu aussi une activité de prévention et de sensibilisation. Et c’est un peu aujourd’hui l’activité du Défenseur des droits qui a été reprise par Dominique Baudis et qui aujourd’hui agit beaucoup dans le monde de l’entreprise puisque il semblerait que les discriminations les plus importantes se trouvent dans le monde du travail, je le pense aussi. Et que donc euh chaque salarié peut à un moment donné, que ce soit à l’entrée ou pendant le déroulé de sa carrière, saisir la HALDE donc il y a énormément de saisines, les saisines sont traitées et lorsque les entreprises sont condamnées, je dois vous dire qu’elles sont quand même euh… extrêmement pénalisées en terme d’image. Donc le rôle il est essentiel, le rôle de la HALDE doit aussi être un rôle d’accompagnement dans une démarche vertueuse des entreprises pour lutter contre ces discriminations et effectivement, le deuxième volet c’est de mettre en place des bonnes pratiques. De, hum, d’accompagner les entreprises dans la dans la compréhension de c’qu’est justement la discrimination. Euh les jurisprudences qui existent, et puis d’ailleurs aujourd’hui, il y a des, différents Défenseurs des droits, partout en région, donc ils sont très présents, dans les régions et, et localement.

Atelier : Faire carrière (niveau moyen)

LE FOOT DES INVALIDES

Paul et ses amis s’échauffent pour un match de foot amical dans un parc. T-shirt, short et baskets sont de mise. Après coup, Paul commente les moments forts du match.

La voix de Paul : Là c’est la préparation du match, les équipes sont en train de se former. C’est un… un grand match qui est en train de se préparer. Bon ça se voit, ça f’sait un certain bout de temps que j’avais pas joué au foot. Ça se ressent un p’tit peu dans l’allure.

Un jeune homme brun pointe la caméra du doigt.

Paul : Là c’est Fabio.

Une jeune fille brune est assise dans l’herbe sur le bord du terrain improvisé.

Paul : Katia, toujours là pour observer, super spectatrice.

Notre Arthur. Chacun avait un joueur. On avait un super marquage, on appelait ça le marquage à la culotte. Là c’est Benjamin, tout en technique. C’est notre Gattuso de l’équipe. Hargneux, et, il en lâche pas une. Arthur, imperturbable, not’ gardien. Y avait une vraie tension dans ce match. Une vraie pression des deux côtés, puis ça se ressent, ça se ressentait sur le terrain. Ouais, on peut bien le voir là dans cette action. Personne voulait lâcher. Bon là c’est le moment de la partie qui arrive qu’une seule fois dans l’histoire du football. Et pam, j’me prends un but ! Bon on pourrait croire qu’on a gagné, mais euh… la vérité c’est qu’on l’a perdu ce match.

À la fin du match, Paul et ses amis se tiennent par les épaules, épuisés et souriants.

Tous, en chœur : Après l’effort le réconfort ! Tous à l’apéro !

Média+ : La fête de la musique

La fête de la musique, c’est plus de 20 000 concerts gratuits sur toute la France. Il y en a pour tous les goûts.

Archive INA, 22 juin 2008.

La présentatrice : Cette année la fête de la musique a… a bien profité du beau temps, quelques ambiances recueillies aux quatre coins de France grâce à nos stations régionales. Récit Sabine Gorny.

Commentaire reportage : C’était la nuit la plus courte, celle de la musique en majesté. Du concert géant au Champ-de-Mars à Paris, avec Full Contact, en option, au bœuf  de rockeur improvisé comme ici à Besançon, tout est permis y compris, la cacophonie.

Il y a ceux qui jouent à l’artiste comme ce vigneron qui se prend pour Brassens.

Le vigneron artiste : Un jour ben j’ai pris une guitare et j’ai fait quelques accords pour accompagner les copains qui chantaient dans les caves tout simplement.

Commentaire reportage : Il y a les artistes confirmés, qui nous ont régalés gratuitement de notes virtuoses, trop contents de quitter en ce premier jour de l’été, les salles fermées.

Thomas Dutronc, chanteur.

Thomas Dutronc : Ҫa y est, on est dehors et c’est vachement bien parce que la musique, c’est l’été.

Commentaire reportage : Des notes, des partitions, des décibels déclinés de mille façons. Et en musique comme pour le reste, la valeur n’attend par le nombre des années.

Le journaliste : Vous allez jouer jusqu’à quelle heure ?

L’enfant trompettiste : On sait pas encore. Ça dépend jusqu’à quelle heure on va tenir.

Commentaire reportage : Et ils ont tenu, comme toute la France, devenue en une seule nuit, avec 20 000 concerts gratuits, la plus grande scène du monde.

Une passante : Moi je voulais un peu changer d’air, et tout, euh j’voulais pas rester chez moi à rien faire, et tout euh…

Commentaire reportage : Pour l’originalité, champion Les Pissalochons, deux Chamoniards qui ont joué à 4810 mètres d’altitude, le concert le plus haut et le plus rafraîchissant de France, et pas un voisin pour se plaindre.

Atelier : Un petit foot ? (niveau débutant)

APÉRO SUR COUR

Paul et ses amis sont dans une vaste cuisine pour prendre l’apéritif. Des chips et des verres défilent. Des sourires sur les visages.

Katia : Alors moi j’dirai que Paul c’est euh la bonne humeur, on s’ennuie jamais. J’suis partie à Cap Vena avec lui donc euh la plage. Euh, mais j’pourrais être au pôle Nord, j’pourrais être n’importe où, euh il s’ra toujours là pour me remonter le moral, pour me faire oublier tous les tracas, tous les soucis. On s’improvise un rap, en fin de soirée c’est le rituel devant le piano, euh, en fait j’pense que j’ai que des bons souvenirs, et euh j’espère que ça continuera.

Benjamin : Alors Paul moi c’est simple, j’l’ai connu quand j’étais aux États-Unis, quand j’étais à l’étranger pour une année de… une année d’études, et en fait au Nouvel an moi j’étais à Washington, j’suis venu à New York. Et puis j’suis tombé sur c’mec là en soirée et c’était assez particulier pa’ce qu’évidemment il est tout d’suite venu comme ça, à m’parler, à m’faire des… à m’faire des… des Pauls quoi une Paul, des Cassarino comme on dit. Moi la première image c’est euh… une espèce de mec comme ça avec un p’tit regard de braise, un peu euh… un peu sûr de lui. Et puis qu’moi comme j’ai des origines italiennes il a tout de suite, il a tout de suite enclenché sur c’truc là. Genre euh… Cassarino, chuis un italien. J’ai tout de suite vu qu’il était pas italien, et euh et du coup euh… non, mais c’est marrant on a eu des p’tits atomes crochus, on a des personnalités un peu différentes, mais euh… mais euh non j’ai beaucoup rigolé pa’ce que… pa’ce que c’est un mec super ! voilà.

Un autre ami : Alors moi Paul, c’que j’retiendrai d’lui c’est surtout son côté entrepreneur, le côté euh qui ose. En fait, une anecdote que j’retiens, particulièrement, je sais pas pourquoi d’ailleurs c’était en Égypte dans un taxi, où il hésitait pas à parler anglais avec un accent français dégueulasse, et euh… et j’ai trouvé ça, j’ai trouvé ça intéressant, parce que il osait vraiment euh parler euh parler avec les gens sans aucune honte, il était assez entreprenant, et ça se ressent d’autant plus que là il est entrepreneur, qu’il monte sa boîte et que voilà c’est un trait de sa personnalité qui ressort.

Arthur : Alors Paul pour moi c’est un grand débrouillard, mais ce qui l’caractérise le plus c’est que c’est le seul mec au monde qui pourrait te vendre un verre d’eau des milliers d’euros, et toute ta vie t’aurais l’impression d’avoir fait une affaire incroyable. Et, j’le connais bien, ça fait… j’ai passé une partie de la maternelle, du collège, du lycée, et j’ai créé SeeKube avec lui, c’est… j’pense c’est ce qui le caractérise le plus.

Paul tient sa petite amie par l’épaule.

Paul : J’vous présente Noémie, et je vous propose qu’on aille faire une balade à Paris. Vous v’nez avec nous ?

Média+ : La fête des voisins à Nîmes

La fête des voisins est souvent l’occasion de rencontrer pour la première fois des personnes qui habitent juste à côté. Archive INA, 30 mai 2005.

La présentatrice : Vous avez peut être fait la fête hier soir avec vos voisins, pour la huitième année consécutive. On pouvait en effet partager un apéro ou un morceau de gâteau pour tenter de briser l’isolement ou l’indifférence. C’était notamment le cas dans un quartier populaire de Nîmes, où une centaine de voisins se sont retrouvés. Ils avaient même invité des agriculteurs qui ont fait déguster leurs melons, cerises ou abricots. Leo Lemberton, Cyril Paquier.

Commentaire reportage : Ils sont les invités-surprises de la soirée « Immeuble en fête » de ce quartier populaire de Nîmes, Pierre et Bertrand sont agriculteurs et ils ne sont pas venus les mains vides.

Le journaliste : Qu’est-ce que vous avez amené alors ?

L’agriculteur : Du jus de pommes, du vin rouge, de la clairette de Bellegarde, des melons, des a, des abricots, et des cerises. Vous voulez boire une petite Clairette ?

Une voisine : Je vous remercie…

L’agriculteur : Aaah pourtant elle est bonne… Elle est excellente.

Commentaire reportage : Cette année un peu partout en France, les rats des villes invitent les rats des champs. « Immeuble en fête » s’ouvre à la campagne. Une façon de rappeler que les agriculteurs sont les voisins des citadins.

Le journaliste : Comment elles sont ?

Une autre voisine : Elles sont excellentes !

Le journaliste : Elles sont excellentes ?

La voisine : Oh oui regardez elles sont bien fermes…

Le journaliste : Comment vous trouvez cette initiative-là ?

La voisine : Comme les cerises, excellente !

Le journaliste : Comment vous trouvez, vous madame, l’idée que les… que des agriculteurs soient venus comme ça ?

Une voisine : Très bien, c’est très gentil de leur part.

Le journaliste : Oui ?

La voisine : Oui, ça devrait se faire plus souvent ça…

Pierre Girard, maraîcher de Bellegarde : Ça nous fait une excuse aussi pour, pour rencontrer un peu les gens dans la ville parce que finalement on est toujours pris dans notre travail et ça nous force un peu, mais c’est bien.

Une voisine : J’fais le tour, j’dis bonjour à tous mes voisins. Maria, comment va Maria ?

Maria : Ça va ?

Commentaire reportage : Mais pour cette huitième édition, la fête des voisins est d’abord restée la fête de ceux qui habitent dans le même immeuble. Dans cette cité HLM de Nîmes qui compte 200 logements, ils sont près d’une centaine à venir prendre l’apéro, et pour certains comme Rolande, âgée de 91 ans, c’est l’occasion de rompre la solitude.

Rolande Versinger, 91 ans : Oh moi ça fait 20 ans que j’habite là. Depuis 1990, je je je suis jamais sortie de là. Il y a jamais eu de réunion comme ça entre voisins. C’est très bien.

Commentaire reportage : Hier la fête des voisins a animé le quartier Gambetta à Nîmes une grande partie de la soirée. L’an dernier, avec plus de 6 millions de participants, elle est même devenue le premier rendez-vous citoyen d’Europe.

Atelier : Que penses-tu de moi ? (niveau avancé)

Atelier : La première impression (niveau moyen)

Atelier : Goûtez-moi ça ! (niveau débutant)

Atelier : L’immeuble en fête (niveau élémentaire)

SEINE À DEUX

Paul et Noémie se promènent main dans la main au bord de la Seine.

Paroles de la chanson « Sous les ponts de Paris »

Pour aller à Suresnes ou bien à Charenton
Tout le long de la Seine on passe sous les ponts
Pendant le jour, suivant son cours
Tout Paris en bateau défile,
L´cœur plein d´entrain, ça va, ça vient,
Mais l´soir lorsque tout dort tranquille...

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit,
Toutes sortes de gueux se faufilent en cachette
Et sont heureux de trouver une couchette,
Hôtel du courant d´air, où l´on ne paie pas cher
L´parfum et l´eau c´est pour rien mon marquis
Sous les ponts de Paris.

Média + : Carte postale, la Seine à Paris

Comme tous les fleuves des grandes villes, la Seine a une place particulière dans le cœur des Parisiens. Archive INA, 4 mai 1996.

Commentaire reportage : Que l’on soit plutôt rive droite ou plutôt rive gauche, quand on est Parisien on a au moins un point commun : la Seine. Les vieux Parisiens se souviennent tous de la crue de 1910. On pardonne tout à la Seine, même ses plus grands caprices. Les 30 ponts qui jalonnent le fleuve se disputent tous le prix de l’originalité. Le pont des Arts est le premier à avoir été construit en fer, en 1802. Si la Seine est incontournable, c’est peut-être parce que la ville est née dans une de ses îles. Peut-être aussi parce que grâce à elle on acheminait le blé, le vin, et la pierre des maisons. Aujourd’hui plus touristiques qu’industrieuses, les berges de la Seine n’en ont pas perdu leur charme pour autant, elles ont été classées trésor du patrimoine mondial par l’UNESCO. Et le fleuve peut dormir tranquille, Notre-Dame veille sur lui. Au XIXe siècle, l’architecte Viollet-le-Duc lui a même refait une beauté. Aujourd’hui les amoureux de la Seine sont nombreux, depuis les joggeurs pressés jusqu’aux amoureux discrets, en passant par les riverains, forcément charmés.

Atelier : L’amour, toujours l’amour (niveau débutant)

Atelier : Promenades d'île en île (niveau débutant)