Transcription du webdoc Comprendre

1. BONJOUR ANDRÉA !

2. L’ÎLE DE L’ENFANCE

2.2 Média+ : La côte et le diamant

2.3 Média+ : Les missions du CREPS

3. FINE LAME

3.1 Média+ : Le français aux JO

4. MAÎTRE ET DISCIPLE

4.1 Média+ : Entretien avec David Robinet

5. PSYCHOLOGIE ATHLÉTIQUE

5.1 Média+ : Le psychologue du CREPS

5.2 Média+ : Préparation mentale du nageur

6. LE VIETNAM EN PROVENCE

7. L’ÉPREUVE

8. HAVRE DE PAIX

9. ANDRÉA ET LA CHOCOLATERIE

9.1 Média+ : La chocolaterie Puyricard

9.2 Média+ : La chanson du chocolat

10. VILLE DE NUIT

10.2 Média+ : TV5 : ça bouge en PACA


BONJOUR ANDRÉA !

Andréa, jeune métisse de 21 ans porte des lunettes et a les cheveux tirés vers l’arrière. Elle est en tenue de sport. Elle s’entraîne dans un gymnase en faisant quelques exercices corporels et de fleuret.  

Andréa : Andréa Unn-Toc, championne de France Cadettes et Juniors par équipe en 2010, vice-championne de France par équipe en 2011 et 2012. L’escrime, pour moi, c’est un sport dans lequel je peux m’exprimer sans pour autant être reconnue. C’est-à-dire que grâce au au masque, j’ai l’impression de ne pas être être vue et je je n’aime pas être vue. Je n’aime pas être regardée, mais je peux quand même agir un peu sous l’identité d’une autre personne. Je peux être totalement moi sans qu’on sache que ce soit moi. Je pense que d’abord l’escrime apporte du plaisir tout simplement parce que si j’en fais c’est tout d’abord pour ça et je me sens épanouie. En tout cas quand je tire. Je suis difficile, exigeante envers moi-même et envers les autres ; solitaire et joueuse. 

Andréa, en tenue d’escrimeuse, pointe son fleuret vers la caméra.

Atelier : L’escrime, quel sport ! (niveau élémentaire)

Atelier : Je suis comme je suis (niveau moyen)

L’ÎLE DE L’ENFANCE

Andréa est dans son lit. La sonnerie de son téléphone la réveille, elle se prépare dans sa salle de bain. Elle est ensuite au pied de la montagne Sainte-Victoire et de la montagne Pelée.  

Plusieurs images sur des objets de la chambre d’Andréa  se succèdent : un livre de lecture, un livre de chants et prières catholiques, un sac de sport de l’équipe de France. Elle est en train de faire son sac de sport.  

Andréa : Quand je regarde la montagne Sainte-Victoire, ça me fait un peu penser à la montagne Pelée en Martinique quand je je vais en vacances avec mon père et et mes cousins faire une petite tournée du nord et on finit par la montagne Pelée qu’on essayait de monter relativement rapidement. Je pense qu’on a tous un peu la nostalgie de chez nous même les Parisiens qui viennent à Marseille bon pour moi c’est peut-être un petit peu plus important sachant qu’en hiver bon c’est déjà un plus difficile. Ensuite il y a l’éloignement avec la famille. On ne peut pas rentrer tous les week-ends comme les copines. Le CREPS est relativement désert donc oui la nostalgie de la famille, du paysage, de la mer. J’ai parfois juste la nostalgie de ne pas pouvoir se poser tranquillement chez soi sachant qu’on est vraiment chez soi et que voilà ça ça nous appartient au moins ça. Donc ici ‘y a rien qui m’appartient vraiment à moi qui me rappelle ma maison.

Andréa est devant son ordinateur et partage une vidéoconférence avec sa mère et sa sœur.  

La mère d’Andréa : Son ventre est tellement énorme, parce qu’elle accouche jusqu’au douze, je lui ai dit : un bébé peut en cacher un autre.

Andréa : Ah bah ça ou bien peut-être que le bébé est grand ?

La mère d’Andréa : Oui il est grand. Elle a eu la confirmation hier.

Andréa : Ah bah oui ça va… ça va, mais c’est un peu embêtant parce que par exemple les filles ont été  faire un petit peu de volley et je pouvais même pas aller jouer. Je dis juste que ça m’embête de ne pas pouvoir faire du sport des fois pour me défouler. 

Un homme : Tu as beaucoup de tempérament.

Andréa : Oui tempérament tempérament. La course on compte peut-être, mais c’était pas dit. Je préfère l’escrime. Le football tu voulais pas.

La mère d’Andréa : Dangereux, dangereux pour les tibias.

Andréa : Pour les tibias. Puis bon football je suis sûre que j’aurais fait. Avec l’escrime je ne suis pas moins mal en point hein.  

Un homme : Parce que tes jambes sont très sollicitées peut-être au niveau des genoux.

Andréa : Ah bah voilà ah bah voilà c’est pas dit qu’au football j’aurais été moins blessée ou plus blessée. Ah ! maman est-ce que tu peux regarder pour moi ? Demande à Yannick de regarder qui est-ce qui gagne, s’il te plaît.  

La mère d’Andréa : Qui est ce qui gagne ? On va voir pour Andréa qui est-ce qui gagne

Andréa : Pour Laurent Garros. Vas sur le site du Laurent Garros en direct, il te donne.

La mère d’Andréa : Et on en profite hein pour te féliciter hein !

Andréa : Merci maman !

La mère d’Andréa : Et puis tu sais la règle d’or hein, correct beaucoup de respect, comme maman t’a toujours dit de …  

Andréa : Mais maman tu sais que je respecte. Merci !

La mère d’Andréa : Voilà… quand on se respecte soi-même, on respecte autrui hein !

Andréa : Oui ma douce.    

Média+ : La côte et le diamant

(muet + musique)

La Martinique en images et en musique.
Archive INA, 1
er janvier 2008.

La Martinique vue du ciel sur fond de musique antillaise : des montagnes boisées, des plages de rêve, des bateaux amarrés et des complexes hôteliers.

Média+ : Les missions du CREPS

Pascale Falanga, la directrice du CREPS d’Aix-en-Provence présente les missions, la pédagogie et les formations dédiées de l’établissement. TV5 Monde, 2012.

Pascale Falanga est une femme blonde d’une cinquantaine d’années. Derrière elle, un bâtiment provençal et un jardin ensoleillés.

Quelques garçons adolescents s’entraînent au football sur un terrain d’herbe ; un tir au but est arrêté par le jeune gardien ; deux adultes en survêtement de sport discutent ; d’autres tirs au but réussissent.

Pascale Falanga : Les missions principales euh du CREPS, ce sont l’accueil des sportifs de haut niveau, la formation professionnelle aux métiers du sport et l’accueil euh de stages, de la part du mouvement sportif, de l’éducation populaire et de la jeunesse. C’est un établissement euh qui est un service public, donc nos missions principales sont tournées vers l’accessibilité aux sports et à la formation pour le plus grand nombre. En ce qui concerne le sport de haut niveau plus précisément, dont j’ai la charge ici, euh le projet c’est euh de faire en sorte que le sportif qui arrive chez nous puisse mener de front dans les meilleures conditions son projet de vie, à savoir ses études, sa scolarité, son projet professionnel, et pratiquer son sport au meilleur niveau, tout en conservant son intégrité physique et psychologique. Le sport de haut niveau, c’est sélectif de toute façon, donc on sait bien qu’à un moment donné, il va falloir passer à autre chose. Et donc notre objectif, c’est que ce jeune qui sera passé ici soit d’abord heureux d’avoir euh vécu son aventure ici.

Un escalier haut, puis les jambes d’un jeune qui roule sur un petit vélo d’acrobatie.

Pascale Falanga : Sportifs de haut niveau, moi ce que je peux vous dire, qui est un critère quand même euh de réussite de nos sportifs ici, c’est que nous avons actuellement environ euh, on va dire, cinquante de nos jeunes qui sont actuellement en équipe de France. On doit être autour de 8, 8-10% des jeunes qui passent chez nous et qui atteignent de très très hauts niveaux.

Atelier : Nouvelles d’Outre-Mer (niveau avancé)

Atelier : Souvenirs nostalgiques (niveau élémentaire)

Atelier : Panorama martiniquais (niveau débutant)

FINE LAME

Andréa se tient debout au milieu d’une pelouse en tenue d’escrimeuse : pantalon blanc, coque de protection blanche sur le torse, masque de protection, arme à la main. On la retrouve en tenue de sport face à deux escrimeuses qui combattent. Elle donne les instructions et joue le rôle de l’arbitre.

Andréa : En garde ! Prêtes ! Allez !

Attaque !

En garde ! Prêtes ! Allez !

Super !

Si elle touchait, je lui aurais donné. En garde ! T’as pas pris en même temps qu’elle si. En garde ! Prête ! Allez ! Point !  

Les escrimeuses exécutent des gestes précis et gracieux.

Andréa : Allongement du bras. Feinte. Quarte. Droit.

Saluez-vous ! Serrez-vous la main !

À tour de rôle les deux escrimeuses relèvent leur protection du visage et se présentent.

Chloé Juvéno : Juvéno Chloé, troisième au Championnat de France, troisième au Championnat d’Europe par équipe.  

Marie Mannat : Marie Mannat, troisième en coupe du monde et partie au Championnat du monde.  

Média+ : Le français aux JO 

Découvrez la place du français en tant que langue officielle des Jeux olympiques de Londres en 2012. TV5 Monde, 2012

L’émission de télévision « Londres JO 2012 » commence. Sebastian Coe, président du comité organisateur des Jeux de Londres, et Michaëlle Jean, ex-gouverneure générale du Canada, prennent place à une tribune puis signent des documents. Au cours de l’émission, ils lisent une déclaration à la presse.

Commentaire reportage : Québec, 24 mai dernier. Le grand athlète britannique Sebastian Coe, président du comité organisateur des Jeux de Londres, et Michaëlle Jean, grand témoin de la Francophonie pour ces Olympiades, signent une convention sur l’usage du français lors des J.O. de cet été.

Sebastian Coe : To ensure the correct use of French during the Games

Michaëlle Jean : L’utilisation du français n’est pas une exigence contraignante, mais davantage une valeur ajoutée, une valeur ajoutée, une valeur inclusive, qui participe pleinement des valeurs olympiques et qui s’inscrit dans la Charte olympique.

Sous le Pont de Londres, un bateau transporte les anneaux olympiques ; on survole divers stades et sites sportifs londoniens ; dans la rue, des jeunes prennent des photos.

Commentaire reportage : Cette charte, qui affirme que le français et l’anglais sont les deux langues officielles du mouvement olympique. La convention prévoit donc la mise en place d’une signalisation bilingue sur les sites de compétition, et la traduction en français des documents officiels et de toutes les communications, tant orales qu’écrites, durant les Jeux.

Ces Jeux olympiques seront aussi ceux de l’avènement des réseaux sociaux.

Michaëlle Jean : Et nous avons aussi pris l’initiative d’organiser des événements culturels dans le cadre de la campagne « Le français, j’adore ! ».

Des musiciens d’Alfa Rococo jouent en concert, puis saluent. Abdou Diouf, le secrétaire général de la Francophonie salue le public.

Commentaire reportage : 9 artistes francophones ont ainsi chanté à Londres le 17 mars dernier dans le cadre de cette campagne lancée par Michaëlle Jean et le secrétaire général de la Francophonie. Abdou Diouf, à qui l’ex-gouverneure générale du Canada remettra son rapport sur l’usage du français lors des Jeux de Londres après sa visite des sites olympiques. Elle doit aussi rencontrer par la suite les Russes et les Brésiliens qui vont organiser les prochains Jeux.

Atelier : En garde ! (niveau débutant)   

MAÎTRE ET DISCIPLE

Une jeune escrimeuse et son professeur s’entraînent dans un gymnase. Andréa, assise sur une table, observe le combat. Elle écoute les conseils que le professeur, Lionel Plumenail, donne à son élève.

Lionel Plumenail : On est d’accord ? Attention à ta jambe arrière ! Derrière tu poses !

Lionel Plumenail : Hop derrière OK. Hop derrière. Voilà. OK ? Tiens comme il faut. Hop oui. Tout de suite. Tout de suite tu fermes. Bien voilà. Ah tu reviens. OK attention !

Lionel Plumenail, le professeur d’Andréa, est homme grisonnant au fort tempérament. Il s’entretient avec Andréa dans le gymnase. Leur échange est ponctué par des séquences de l’escrimeuse à l’entraînement.

Andréa : Avant j’aimais bien aller directement dans la difficulté même si c’est pas très intelligent.

Lionel Plumenail : Par contre de près, flèche ! De loin non !

Andréa : De loin non !

Lionel Plumenail : Tu tombes dans la parade ou tu tombes dans le vide.

Andréa : C’est fini. J’ai vu c’est fini ! J’ai vu et sué une fois pas plus.

Lionel Plumenail : Si tu l’as fait hein ‘faut pas que tu hésites une seule seconde. D’accord ? Y’a un petit objectif que tu dois te donner quand tu vas monter à l’Insep. Ben un c’est continuer à vraiment développer tes qualités de vitesse, qualité d’attaque, ta flèche, ce changement rythme qui est très fort, qui doit constamment rester un atout et inversement cette qualité qui parfois se transforme en défaut, c’est de ne pas jouer que sur ça, que sur ta vitesse pure qui fait que parfois on sait que si tu vas très vite, ton adversaire il est quand même … à ce moment-là il se met un peu plus loin. Et ta qualité de vitesse, elle est plus, on va dire elle est plus utile, mais par contre c’est vraiment continuer à travailler sur cet axe-là et puis l’autre axe à c’est travailler sur tout le temps tout le temps se mettre en cause accepter les critiques, accepter les faits : ah bah aujourd’hui t’as pas fait ceci, t’as pas travaillé dans le bon sens. Sans oublier voilà que suer n’est pas automatiquement bien s’entraîner. C’est pas parce que t’as perdu deux kilos à l’entraînement, t’as perdu quatre litres d’eau. D’accord ! t’as l’impression que tu sortais épuisé que t’as fait un bon entraînement. Un bon entraînement, c’est je me suis fixé un objectif, je m’y tiens. J’accepte les critiques et non pas ah oui, mais si hop tu passes ce petit côté-là, à partir de là, tu gagneras énormément en efficacité.

Média+ : Entretien avec David Robinet

David Robinet, le maître d’armes d’Andréa explique le monde de l’escrime : les armes, les professeurs, les élèves.TV5 Monde, 2012.

Dans le hall d’un palais des sports, David Robinet, maître d’armes au club d'Antony sport escrime, présente sa discipline. L’interview est ponctuée de brèves séquences montrant des maîtres d’armes qui s’entraînent.

David Robinet : Un maître d'armes pour être plus précis donc c’est un éducateur sportif diplômé d'état titulaire d'un brevet d'état d'éducateur sportif euh option escrime. Donc il est sensé enseigner le fleuret, le sabre et l'épée qui sont les trois disciplines de l'escrime et puis après souvent on est spécialisé dans une des trois armes, ce qui est notre cas. Pour ma part, c'est le fleuret.

L'épée, c'est très simple à comprendre parce que c'est celui qui touche le premier qui a le point. Dans le cas où les deux tireurs se touchent en même temps ils ont un point chacun. Et puis au niveau des cibles ils peuvent toucher tout le corps. Donc c'est facile à comprendre pour quelqu’un qui ne connaît pas ce sport. Le sabre et le fleuret sont un peu plus compliqués. Y’a des différences de cibles. C'est-à-dire qu'au fleuret on ne touche que le tronc. Donc pour Andrea c'est le corps sans la tête et les membres. Et puis pour le sabre, c'est tout ce qui est au-dessus de la ceinture. Donc il y a des différences de cibles. Et puis alors après il y a des différences de manière de toucher. À l'épée et au fleuret, on va toucher avec la pointe. On va piquer. Et au sabre, on va trancher.

Le fleuret c'est venu après l'épée et le sabre. Ça a servi, en fait, c'était à la base pas une arme à part entière, c'est une arme qui a servi à travailler les coups d'épée. Donc on a restreint la cible pour travailler un peu plus avec finesse, on va dire. Puis après c'est devenu une arme à part entière.

Andréa elle a un statut un peu particulier parce que donc elle était à la base en Martinique. Alors là elle a commencé l'escrime en Martinique et elle est venue en métropole parce qu'elle a intégré le sport-étude du CREPS d'Aix-en-Provence. Donc au sport-étude il y a un entraîneur qui s'occupe des filles du sport-étude, elles sont une dizaine, donc cet entraîneur c'est Lionel Plumenail. Seulement Lionel Plumenail, il est entraîneur national donc il ne s'occupe que des compétitions internationales : coupe du monde, championnat du monde et championnat d'Europe.

Donc l'identité d'Andrea au niveau de la fédération française d'escrime, c'est le club d'Antony sport escrime puisqu'elle est licenciée dans ce club. À Antony sport escrime, on est cinq maîtres d'armes, dont quatre maîtres d'armes de fleuret. Donc on est quatre a être susceptible d'intervenir sur les compet’ nationales pour Andrea. Le palmarès d'Andréa au niveau national il est pas inintéressant, notamment en équipe avec le club. Puisque elles ont été en cadettes, donc catégories moins de 17 ans championnes de France, national 1. Elles ont été également championnes de France junior l'année d'après. Toujours national 1. Et l’année dernière, médaillées de bronze au Championnat de France junior. Donc elles ont pas mal de médailles. Elle est aussi dans l'équipe 1 senior du club qui va monter l’année prochaine dans la plus haute division qui est la nationale 1.

Atelier : Allez hop ! (niveau débutant)   

Atelier : Leçon de maître (niveau élémentaire)   

Atelier : L'escrime en règles (niveau élémentaire)   

Atelier : Rencontre avec un maître d’armes (niveau avancé)   

PSYCHOLOGIE ATHLÉTIQUE

Nicolas Vidal, un homme brun d’une trentaine d’années, et Andréa marchent tranquillement dans les jardins ensoleillés du CREPS.

Nicolas Vidal : Je voulais te demander quels effets avaient pu avoir tes études de psychologie sur ton approche personnelle, sur ta vie personnelle, sur la façon dont tu peux être confrontée à tes propres difficultés. Est-ce que ça t’a permis aussi de prendre du recul et de prendre en charge ton quotidien avec plus de facilités ?

Nicolas Vidal et Andréa s’arrêtent et continuent la conversation sous les arbres du parc.

Andréa : Oui dans un sens ça m’a beaucoup aidé. Sachant que j’étais peut-être un peu trop fermée, à la base, et même si j’ai toujours aimé comment dire voir sans qu’on me voie, « observer le monde ». Je savais que la psychologie allait m’intéresser, mais le fait d’avoir eu par exemple des des cours sur sur le groupe, sur l’individu, j’ai pu me rendre compte que moi-même je m’enfermais dans un groupe et que c’est « humain », mais que vu que je fais des études de psychologie je me suis dit que ça pouvait être intéressant, que j’essaie aussi de m’en rendre compte et de ne pas forcément m’enfermer dans ça vu que j’avais la chance d’en avoir conscience ou par exemple les stéréotypes, des choses comme ça, je pense que ce sont des choses qui peuvent toujours aider dans la vie et comme on l’a appris en cours inconsciemment, de toutes les façons, on est sujet aux stéréotypes et j’en ai beaucoup appris sur moi et ça rend beaucoup plus humble je trouve et ça permet d’avoir un autre regard sur le monde sur les gens et d’être peut être plus compréhensif envers certaines personnes qu’on ne comprenait pas. Personnellement je sais ça m’est arrivé à un moment de me poser beaucoup de questions, la santé, la famille, l’escrime, les études. On sait plus trop si si si on mène la danse ou si c’est la vie qui nous emmène vers un chemin.

Nicolas Vidal : Donc y’a beaucoup de facteurs-là qui viennent tirailler le sportif d’un côté, de l’autre, ces rapports de force qui peuvent rendre l’avenir un peu flou et un peu plus compliqué.

Andréa : Tout à fait ! Tout à fait ! Donc bon.

Nicolas Vidal : Donc la notion de choix : arriver à verbaliser à dire j’ai le choix, c’est quelque chose de compliqué pour le sportif, mais c’est quelque chose qui est primordial pour lui permettre de…

Andréa : Parce qu’on a pris des heures hein pour y arriver nous.      

Nicolas Vidal : Oui on a pris des heures. On a pris du temps.

Andréa : On a pris des heures, on a pris du temps. Après à partir du moment où je me suis rendue compte aussi que je m’enfermais moi-même dans un système à se poser trop de questions aussi, on y arrive plus et quand on se rend compte justement que aussi peut-être accepter le fait qu’il y ait un cadre enfin moi c’est la façon de voir : accepter le fait que qu’on ait des obligations. Y’a certes la fédération, y’a certes la santé et la famille, mais y’a surtout le sujet : y’a moi et moi je peux quand même décider même si on a l’impression d’avoir des petits dieux qui nous regardent et qui sont supérieurs à nous. Donc à partir du moment où on a compris ça donc on a accepté ça ça va.

Nicolas Vidal : C’est arriver vraiment à se recentrer sur soi-même, se recentrer à l’intérieur du système, essayer donc d’avancer sans forcément être donc tiraillé par ces fameuses forces et arriver à se à se recadrer sur ses projets sur ses objectifs.

Média+ : Le psychologue du CREPS

S’investir dans le sport de haut niveau tout en suivant une scolarité classique n’est pas de tout repos. Rencontre avec le psychologue du CREPS qui accompagne ces jeunes sportifs dans leur parcours. TV5 Monde, 2012

Nicolas Vidal, psychologue du CREPS, un homme d'une trentaine d'années, cheveux courts avec des lunettes est dehors. Derrière un grillage, quatre jeunes hommes à cheveux courts en vêtements de sport. Un adolescent fait une roue et un saut périlleux sur l'herbe d'un parc.

La voix de Nicolas Vidal : Mon rôle ici, au CREPS d'Aix-en-Provence, c'est d'accompagner donc euh, les sportifs, tout au long de l'année. Donc, j’interviens en département médical.

Nicolas Vidal : Ils ont la liberté, la possibilité, en fait, de venir consulter euh… en fonction des situations auxquelles ils sont confrontés. Souvent, c'est des demandes plutôt liées à la famille: ça peut être des problèmes de type relationnel à l'intérieur d'un groupe, vis-à-vis de leur entraîneur. Ça peut être aussi des difficultés liées au sommeil, des difficultés liées à l'alimentation. Et puis, euh, surtout… lorsqu’ils ils sont confrontés à l'événement, euh, difficile et douloureux pour les sportifs, qui est la période de blessure. Le premier facteur, ça reste quand même l'éloignement familial pour ces jeunes sportifs qui découvrent un nouveau rythme de vie, euh, un nouveau système, un nouveau fonctionnement et qui ont… à qui on demande de s'adapter très vite, à la fois, donc, à un rythme d'entraînement, euh, intensif et puis, euh, à une scolarité classique. Euh, et puis surtout à avoir un comportement exemplaire.

Des joueurs de tennis s'entraînent.

Nicolas Vidal : Il y a ce qu'on appelle euh, la notion de triple projet : donc, dans un premier temps, euh, ils s'inscrivent dans une démarche, ici, au CREPS, pour pouvoir euh, développer un projet sportif et peut-être mener une carrière de haut niveau. Mais on met quand même l'importance, euh, sur la notion de projet alternatif et aussi sur la notion de projet de citoyenneté. 

Un entraîneur de rugby donne des consignes à sept joueurs costauds. Les joueurs réalisent un exercice de touche.

Nicolas Vidal : Du coup, c'est important de les… de les sensibiliser et de les préparer, justement, à la rupture avec la pratique sportive, puisque tous nous n’aurons peut-être pas la chance d'être au top mondial, d'être de futurs champions olympiques. Du coup, mon travail c'est aussi, voilà, les sensibiliser, euh, leur faire prendre conscience qu'il n'y a pas que le sport dans la vie. Il y a aussi plein de choses. L’idée, c’est de les préparer à la vie réelle, et ne pas rester coincé uniquement dans leur pôle, dans leur sport, dans leur fédération, dans leur groupe de vie. 

Un sportif monte un escalier, raquette de tennis à la main et sac sur le dos.

Nicolas Vidal : Pour revenir sur la notion d'échec, les personnes qui ne deviennent pas champions olympiques n'ont pas forcément un parcours d'échec. Souvent, on rencontre de nombreux jeunes qui sont passés par le CREPS, qui ont pas forcément euh performé sur le plan sportif, mais qui ont réussi à construire des carrières professionnelles de haut niveau, justement. Mais des carrières plutôt dans la médecine, dans le social, dans le commerce, beaucoup aussi qui s’orientent dans cette voie-là. Bien souvent, on se rend compte que les champions gardent un lien très étroit avec le… le monde sportif : soit euh ils intègrent le staff de la fédération en tant que… en tant qu’entraîneurs, soit ils deviennent consultants pour la presse sportive… soit, voilà, ils jouent un petit peu l'image de marque pour des sociétés, des entreprises. Mais ils gardent quand même euh, le lien avec leur famille d'origine.

Six jeunes hommes, en tenue estivale (shorts, tongs), s'éloignent en portant des sacs et du matériel de sport.

Média+ : Préparation mentale du nageur

Plus que les performances sportives, la victoire demande une réelle préparation psychologique. Les nageurs nous livrent leurs astuces pour être dans de parfaites conditions. Archive INA, 8 février 2000.

Le présentateur du magazine télévisé Magazine olympique se tient en dessous d’un écran portant le titre Natation et la tête d'une nageuse.

Le présentateur : On l’a vu tout à l'heure, l’équipe de France bénéficie d'une préparation très minutieuse avec des stages en altitude. Mais mentalement, les nageurs peuvent aussi, s'ils le désirent, suivre les leçons d'un professeur hors normes: Christian Target. Reportage assez étonnant signé Véronique Houth. 

Deux sportifs marchent de dos, en t-shirt et pieds nus, le long d'une piscine.

Commentaire reportage : Franck Esposito, Stephan Perrot, deux champions, deux personnalités. L’un papillonne, l'autre brasse. Hors bassin, ils ont décidé de faire appel à un préparateur mental. Explications.

Stephan Perrot est champion d'Europe du 200 mètres brasse. Il est debout dans une piscine. Derrière lui, dehors, le soleil éclaire un paysage enneigé.

Stephan Perrot : On arrive à mieux gérer tout l'environnement, tout ce qui se passe autour. À mieux vivre...  tous les éléments extérieurs qui peuvent nous perturber. Et tout ça c'est hyper positif, hyper profitable.

À côté de Stephan Perrot se tient Franck Esposito, champion d'Europe en 1999 du 200 mètres papillon : Esposito arrive en maillot de bain sur un bassin de plein air rempli de gens. Le nageur, de forte carrure, hésite pour se diriger, incline la tête, ferme les yeux et étire sa nuque avec la main. 

Franck Esposito : C'est vrai que lorsqu'on arrive sur le lieu de… sur le lieu de… de  compet’, on est un peu déboussolé, on est un peu tout seul. Donc, euh, ma préparation à moi consiste à… à me répéter plusieurs choses tout au long de la journée de compétition et je suis... je suis réglé vraiment comme du papier à musique, j'ai constamment quelque chose à faire et j'ai l'impression d'être jamais seul, quoi. Donc ça me permet d'être serein et arriver sur le plot jusqu'à mon départ en étant vraiment, vraiment tranquille.

Assis au bord du bassin en survêtement et bonnet, lunettes de natation sur le front, dans le brouhaha de la compétition, Franck Esposito se concentre, le regard baissé, en soufflant et en agitant les jambes. Il serre dans sa main une chaussure d'enfant et une petite feuille de papier.

Commentaire reportage : Très émotif, Franck a besoin de se répéter un discours interne pour se programmer positivement avant chaque départ. La chaussure de son fils Lucas comme porte-bonheur, un petit bout de papier avec des mots-clés, il est paré pour gagner. 

Franck Esposito est à nouveau en montagne dans la piscine ensoleillée en compagnie de Stephan Parrot.

Franck Esposito : Ces mots-clés, c'est... c'est particulier donc on le dévoile pas.

Stephan Parrot lui met, en riant, la main devant la bouche.

Franck Esposito : Mais, en fait, c’est… c’est… Chacun a ses mots-clés. Chacun a ses mots-clés. Moi, j'ai pas du tout la même stratégie que Stéphan et Stéphan n'a pas la même que moi. Ça, c'est… c’est vraiment indépendant.

Stéphan Perrot, en short, assis, les yeux et le visage fermés, écoute de la musique dans un casque en faisant des mouvements d'étirement. Il pose la tête sur les mains par terre devant lui.

 

Commentaire reportage : Depuis un an, Stéphan a appris à ne plus brasser des idées noires. Il a arrêté de se dévaloriser et de tout intellectualiser. Pour ne plus jamais se liquéfier lors des grands rendez-vous, il s'oblige désormais, selon sa formule, à laisser son cerveau dans la chambre d'appel.

Championnats d'Europe d’Istanbul – Des nageurs de l'équipe de France arrivent au bassin. 

Stephan Perrot : On prend pas souvent le temps de se replier sur soi, comme disait Franck et puis, euh, de se regarder à l'intérieur et de voir qu'il y a des trucs qui vont pas, de mettre un petit peu d'ordre. Et ça fait énormément de bien de le faire de temps en temps. Et le faire avec Christian, ça m'a permis donc de mettre... de mettre énormément d'ordre, parce qu’il y avait un bordel dans ma tête! Et donc, ben maintenant, tout est clean.

Dans une salle de formation, assis à une table côte à côte, le préparateur Christian Target, un homme à cheveux blancs bouclés, a une conversation enjouée avec Stephan qui est torse nu.

Commentaire reportage : Le déclic salvateur, c'est Christian Target qui a su le provoquer. Ancien professeur d’EPS, il se définit comme un comportementaliste et non comme un psychanalyste. Côtoyant depuis 14 ans des sportifs de haut niveau, il a pu développer une méthode où on apprend à se structurer.

Au centre d'un schéma, un cercle titré « relation avec les autres » est divisé en trois parties : « traitement de l'info », « contrôle émotionnel », « énergie ». Le titre général est « Objectifs et savoir-faire ».

Stéphan Perrot, montre le schéma, les yeux fixés sur lui.

Stéphan Perrot : Donc, tous les petits éléments là, il y en a 18, on les prend tous, c'est tous les ingrédients. On fait sa petite recette et puis on obtient un bon petit gâteau. 

Image au ralenti de Stéphan Perrot, dans l'eau, célébrant une victoire.

Commentaire reportage : À consommer sans modération après de longues conversations.

Christian Target, homme aux cheveux blancs, préparateur mental, est assis sur un rocher, en forêt, à côté de l’entraîneur Lionel Volkaert. Il souligne son discours avec des mouvements de mains et de doigts.

Christian Target : Le temps que passe un entraîneur avec un athlète, dans son histoire et que on passe nous, c'est sans commune mesure Donc, déjà, il y a une hiérarchie qui ne… ne se discute pas. Ensuite, on arrive enfin de course. Les gens avec qui j'ai travaillé récemment en... en parachutisme, qui ont été champions du monde m’ont d'abord… ont d’abord expliqué que c'était grâce à moi qu'ils avaient été champions du monde. Et puis, après discussion, ils m'ont appelé « la cerise sur le gâteau ». Voilà c’est, « cerise sur le gâteau ». C'est-à-dire une petite partie, certainement importante, en ce moment, mais une cerise sur le gâteau.

Lionel Volkaert, homme brun d’une quarantaine d’années, en anorak, est entraîneur national.

Lionel Volkaert : Je crois que… on est là pour la performance… peut-être, on échange, on n’est pas euh… on a des idées forcément différentes, mais je crois que l'essentiel, c'est d'arriver… c’est d’arriver à bien travailler et arriver à ce que Stephan exprime tout son potentiel.

Tête de Christian Target sur laquelle viennent se superposer des lignes de natation dans une piscine vide.

Commentaire reportage : Actuellement, Christian Target travaille avec cinq nageurs du collectif, qui en compte 14. Tous viennent le voir de leur propre initiative. La championne du monde, Roxana Maracineanu n'a pour l'instant pas éprouvé le besoin de suivre une telle préparation

Roxana Maracineanu, championne du monde du 200 mètres dos, jeune femme, portant un T-shirt et des lunettes, se tient au bord du bassin. 

Roxana Maracineanu : En fait, ce qu’il y a, c’est que … euh… je crois que le plus dur c'est pas de gagner, le plus dur c'est d'avoir envie de gagner et de pas avoir peur de gagner. Et euh… ça, depuis que je suis petite, ben, ça m'a pas posé de problème parce que j'aime euh… (la nageuse prend le départ, en arrière, puis nage sur le dos, puis salue après l'arrivée) j’aime bien me mesurer aux autres et puis euh… ça me fait pas peur, quoi. Je veux dire que quand je suis mise en position de difficulté, euh… et bien j'arrive, euh… j'aime ça, quoi. Avant tout, c'est quand même l'entraînement physique, pour moi, qui prime. De toute façon, si je suis forte dans l'eau et si je me sais forte à l’entraînement, euh… je sais que je serai forte en compétition, y a pas de raison.

Roxana Maracineanu et Franck Esposito reçoivent des médailles. Franck lève les bras, puis il montre sa médaille en la soulevant par le ruban et en souriant.

Commentaire reportage : À chacun sa méthode pour se forger un moral de gagneur. Seule la victoire est belle.

Générique des auteurs du reportage.

Atelier : Entre nous… (niveau avancé)   

LE VIETNAM EN PROVENCE

Andréa et son amie Flora marchent dans la rue et entre s’installer dans un restaurant vietnamien. Flora commande en vietnamien.

Flora : Est-ce qu’Andréa peut assister à la confection des banh cuon parce qu’elle a jamais vu comment on les fait donc ça peut être…  

Le restaurateur : D’habitude on le fait pas parce que y a du monde, mais y a peut-être finalement pourquoi pas. D’accord !

Flora et Andréa : Merci !

Les amies sont à table et mangent avec des baguettes l’une en face de l’autre.

Flora : Et elle te manque pas trop ta famille parce que encore moi je rentre souvent chez moi, mais toi tu peux pas trop rentrer chez toi.

Andréa : Oui bah comme toi sauf que bon comme je ne peux pas aller voir chaque semaine, deux fois par semaine. C’est un peu plus difficile parfois, mais bon… En même temps ma mère, je pense que tu as dû remarquer, elle m’appelle cinq fois par jour. Donc je l’ai assez souvent.

Flora : Donc ça va.

Andréa : Donc bon même si elle est loin je sais qu’elle pense à moi et je sais que dès que j’ai un problème je l’appelle. Regarde ne serait-ce que pour acheter une paire de chaussures, je l’appelle alors… En tout cas vu que je ne peux pas faire parce que je ne suis pas chez moi. J’essaie de le faire par téléphone.

Des gens parlent en vietnamien. Le patron de l’établissement accompagne les deux filles dans les cuisines.

Le restaurateur : On y va !

Andréa : Je vous suis !

Le restaurateur : Je vais vous accompagner dans la cuisine. Et puis on va voir comment c’est fait les banh cuon hein. Comme ça vous allez pouvoir essayer et puis nous faire goûter après.

Andréa : Pourquoi pas.

La cuisinière, petite femme brune portant un calot sur la tête, accueille les filles par un sourire. Elle montre à Andréa comment préparer les banh cuon. Elle étale de la pâte dans une poêle à crêpe. Elle recouvre la poêle d’un couvercle, puis la retourne pour décoller la crêpe. Elle y rajoute un peu de viande, enroule la crêpe et la dépose dans une assiette déjà remplie d’autres crêpes.

La cuisinière : Avec plaisir… on voit. Allez on va voir ensemble. Alors bon vous voyez ça c’est les crêpes, je suis origine du nord du Vietnam, c’est les crêpes de riz. C’est la spécialité de Vietnam du Nord. Hein tu vois… C’est à base de farine de riz et on mélange et tout le monde peut le faire facilement. On mélange, on met le feu un peu fort et là avec un tour de main tu fais comme ça. On ferme un petit peu, on baisse le feu, on ferme. Des fois c’est pas bien plein, c’est pas grave du tout. Deux minutes tu enlèves hop tu mets là… ça y est et là on va mettre un petit peu de viande. Tout petit peu parce qu’on ne mange pas beaucoup de viande chez nous voilà on roule voilà hop un tour de main et c’est fini ! C’est la crêpe voilà je continue à faire comme ça tu vois voilà très simple deuxième fois. Tu prends la main ici.

Andréa : Je suis gauchère.  

La cuisinière fait essayer à Andréa de réaliser l’opération culinaire qu’elle vient de montrer.

Une cuisinière : D’accord d’accord et on met une cuillère. Tu prends la main là on fait hop… Tu mets tout. Tu montes le feu. On ferme pour avoir effet vapeur un petit peu et après on baisse le feu. On laisse encore un petit peu et voilà on monte le feu pour… On ouvre et avec la main et hop tu vois ça y est c’est un petit peu différent, mais c’est pas grave du tout.

Andréa reproduit les gestes avec hésitation ; sa crêpe ne ressemble pas à celle de la cuisinière.

Andréa : C’est bien différent.

Une cuisinière : C’est quand même pas mal. Merci Andréa c’est super ! Ça aussi c’est réussi !  

Atelier : Crêpes vietnamiennes (niveau débutant)   

Atelier : Invitation en cuisine (niveau élémentaire)   

L’ÉPREUVE

Dans un gymnase, on assiste à une compétition d’escrime. Une voix au micro indique aux concurrentes qu’elles sont attendues sur le terrain. Andréa porte sa tenue d’escrimeuse avec son masque. Son nom, Unn-Toc, est inscrit sur le dos de sa veste.

Un arbitre : En garde ! Prêtes ? Allez ! En garde ! Prêtes ? Allez ! En garde ! Prêtes ? Allez !

Allez ! Attaque !

Une voix féminine : Pourquoi t'y vas pas du premier coup ?

Te pose pas de question euh… Floriane.

Un arbitre : En garde ! Prête ? Allez !

Une voix féminine : Impose ton jeu euh…

Un arbitre : En piste Racoudes, Toulonnier, se préparent Unn Toc, Sam.

Andréa : À tout à l'heure !

Andréa vient de terminer la compétition, masque sous le bras, elle salue son adversaire en lui serrant la main. Les derniers combats d’escrime se déroulent encore derrière elle.

Andréa : Ben euh… Sérieux, comment c'est bon, je ne sais pas encore. Couci-couça, j'ai gagné un match, j'ai perdu un match, j'ai perdu un peu mon sang froid dans le deuxième match donc j'dirais qu'c'est pas très bien pour l'instant. Mais l'arbitre aussi euh… il fait des erreurs un peu bêtes après je m'énerve un petit peu alors je pense c'est l'arbitre qui a raison j'ai pas à m'énerver, mais bon… J’suis un petit peu euh… sanguine. C'est-à-dire que même quand il a tort il a raison. Mais pour le coup, là, il a eu tort. Mais bon, on va dire qu'il a raison.

Atelier : Bon, c'est pas très bien… (niveau moyen)  

HAVRE DE PAIX

Andréa traverse un parc et parcourt la ville d’Aix-en-Provence. Elle s’arrête dans une église pour déposer un cierge et repart. Elle entre dans une librairie. Le libraire, un homme d’une trentaine d’années avec une barbe de trois jours, les oreilles percées, portant un tee-shirt noir, lui présente Avenue des géants de Marc Dugain.

Le libraire : C'est une biographie romancée, d'un des plus grands tueurs en série du XXe siècle qui était un type superbement intelligent. C'est pas un polar, c'est un vrai roman. Et honnêtement à lire ça a été ça a été une une de mes plus belles surprises en littérature francophone cette année, donc voilà vraiment ça faut le lire. Dans un autre genre, y'a Le roi n'a pas sommeil qui va être aussi pareil très noir, mais qui est un roman.

Andréa : D'accord.

 

Le libraire : On a l'impression d'ailleurs dans ces deux bouquins-là ce qui est très drôle ces nouvelles tendances en littérature c'est on dirait de la littérature américaine. Alors que ça n’en est pas du tout.

Elle paie et part de la librairie.

Andréa : Au revoir !

La caissière de la librairie : Au revoir !

Après avoir marché un peu elle se retrouve devant la vendeuse dans une chocolaterie.

La vendeuse de la chocolaterie : Alors qu'est-ce que je mets comme chocolat …. ?

Andréa : Uniquement au lait !

La vendeuse de la chocolaterie : Après donc praliné toujours ? Oui ? Donc j'ai praliné amandes noix hachées sésame, le praliné éclats d'amandes, praliné travaillé au beurre demi-sel ?

Andréa : Au beurre demi-sel.

Elle repart et entre faire un tour dans le palais de Vendôme avant de s’asseoir sur un banc juste en face pour déguster les chocolats qu’elle vient d’acheter.

Atelier : Quoi de neuf en littérature ? (niveau moyen)  

Atelier : Promenade en ville (niveau débutant)  

Atelier : Commerces de proximité (niveau débutant)  

ANDRÉA ET LA CHOCOLATERIE

Dans un paysage de campagne, sous un ciel légèrement nuageux, un panneau indique la direction de la chocolaterie, la mairie du village de Puyricard, son église, le blason de la chocolaterie de Puyricard.

Andréa, habillée en blouse blanche réglementaire, suit une jeune chocolatière-confiseuse qui lui ouvre la porte de l’atelier.

L'employée de l’atelier : On va passer à l'atelier alors faites juste attention avec vos pieds, ça peut être glissant, l'atelier peut être glissant.

L’employée démoule une coquille en chocolat.

L'employée de l’atelier : Là, on a donc notre chocolat qui est juste l'extérieur, la couverture en fait. Et je vais vous montrer à quoi ça ressemble, vous pouvez le prendre et voir à quel point l'aspect est donc brillant, du moulage, et vous pouvez le déguster c'est pour vous.

Andréa : C'est lisse. Je le trouve bien joli, ça m'embêterait de le manger.

L'employée de l’atelier : Ah non, non vous inquiétez pas.

Andréa croque et déguste la coquille en chocolat.

Andréa : Ah oui !

L'employée de l’atelier : Donc là vous n'avez rien à l'intérieur, vous avez juste… l'extérieur du chocolat.

Une autre employée portant des gants remplit le moule avec du caramel.

Andréa : Et c'est déjà très bon. Ah oui ! Je suis pas très caramel, mais … ça me va. C'est toujours pareil.

L’autre employée, en riant : Normalement ça doit être toujours pareil.

Andréa : Oui oui.

L’autre employée : Faut une demi-heure au frigo, pour que ça durcit, après on peut couvrir. Les pralinés aussi sinon ça va se mélanger ça va… On touche après simplement avec le doigt, si c'est bien dur et après…

Andréa : Ça va. Merci beaucoup.  

Andréa déguste un dernier morceau de chocolat en fermant les yeux. Sa visite est terminée. Elle sourit les bras croisés devant une fresque du mur de la chocolaterie.

Média+ : La chocolaterie Puyricard

La chocolaterie artisanale Puyricard à Aix-en-Provence ouvre ses portes. Découvrez son historique et son savoir-faire. TV5 Monde, 2012.

Une vendeuse d’une trentaine d’années, blonde est assise dans un magasin de chocolats décoré de fèves de cacao, d’une photo des fondateurs de la maison, de grandes plaques de chocolat.

La vendeuse : Puyricard, en fait, c’est une saga familiale. Ce sont donc les Roelandts qui vivaient au Congo et qui ont dû, pour plusieurs raisons, revenir en France... Ils étaient belges à la base. Ils ont décidé de s’installer dans notre belle région de Provence. Notre vraie particularité, ici à Puyricard, c’est qu’on est vraiment une maison artisanale, notre chocolat n’est pas du tout fabriqué en usine ou avec des machines, tout se fait main. On utilise également beaucoup de produits vraiment de la région et ça se ressent au niveau de la bouche, au niveau du palais, vraiment on ressent le côté Provence dans nos chocolats et la qualité vraiment d’une maison artisanale et non pas industrielle.

Les artisans travaillent le chocolat dans le laboratoire de la chocolaterie.

Un maître-chocolatier : C’est une matière première qui est très noble à travailler et où tout est envisageable. La seule contrainte qu’a le chocolat, c’est l’humidité et la chaleur. À partir de là, après, on peut tout créer : on peut le modeler, on peut le mouler, on peut le sculpter… ça, c’est pour les objets artistiques et après, pour tout ce qui concerne le gustatif, c’est très appréciable parce qu’il y a des associations de goûts qui peuvent se faire… donc c’est très très intéressant au niveau du goût aussi. Le chocolat on va le comparer comme une dame on va dire. C’est capricieux parce que, bon, ça craint la chaleur et l’humidité. Il craint énormément les chocs thermiques aussi donc il faut, faut le travailler lentement, il lui faut beaucoup d’attention… oui, on peut l’associer à une personne féminine oui.

Média+ : La chanson du chocolat

Le chocolat, c’est bon pour le moral ! Les Enfantastiques le disent en chanson. BiZou MuZic / L’autre Distribution, 2009.

En couleurs, Les Enfantastiques, un groupe d’enfants, qui chantent La chanson chocolat. Les enfants se régalent et jouent avec des morceaux de chocolat ou du chocolat fondu.

Les Enfantastiques chantent :

C’est la chanson chocolat

Un petit air à croquer

Quand on est tout raplapla

Et qu’on ne veut pas craquer

C’est la chanson chocolat

Chante-la comme un perroquet

Et tu verras, oh la la !

Comme tu seras OK OK

Qu’il soit noir ou qu’il soit blanc

J’aime le chocolat comme les gens

S’il est mélangé au lait

Le monde me plaît tel qu’il est

Quand j’ai le moral qui est K.O

Je mange un kilo de cacao

Plein de tablettes aux noisettes

Et j’ai envie de faire la fête

C’est la chanson chocolat

Un petit air à croquer

Quand on est tout raplapla

Et qu’on ne veut pas craquer

C’est la chanson chocolat

Chante-la comme un perroquet

Et tu verras, oh la la !

Comme tu seras OK OK

Dans un bol ou tartiné

Au petit déjeuner, au goûter,

Parfois tellement fondant

On fond devant comme des enfants

Bien cuisiné en gâteau

Avec des bougies, des cadeaux

En poudre ou en petits carrés

Il rend la vie douce et sucrée

C’est la chanson chocolat…

C’est la chanson chocolat…

C’est la chanson chocolat

Un petit air à croquer

Quand on est tout raplapla

Et qu’on ne veut pas craquer

C’est la chanson chocolat

Chante-la comme un perroquet

Et tu verras, oh la la !

Comme tu seras OK OK

C’est la chanson chocolat…

Atelier : À la découverte du chocolat (niveau élémentaire)

Atelier : À la chocolaterie (niveau moyen)

VILLE DE NUIT

En fond sonore, Madame rêve, chanson d’Alain Bashung. Andréa est dans un bar, un verre à la main le soir à Marseille et regarde les paysages de la ville : des terrasses de café, le port, une fête foraine, la mer et les vagues.

Madame rêve d'atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu'ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur

Madame rêve

Madame rêve d'artifices
De formes oblongues
Et de totems qui la punissent

Rêve d'archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles

D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Au ciel

On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
Loin, on est loin, loin

Madame rêve.

Média+ : TV5 : ça bouge en PACA

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur : ses vieux villages, ses marchés, sa qualité de vie, son soleil, ses couleurs, ses senteurs. TV5 Monde, 2010.

Nice a comme atouts touristiques sa vieille ville aux couleurs ocre, son marché provençal, sa plage.

Commentaire reportage : Capitale régionale, Nice symbolise à elle seule tous les charmes de la Riviera française. Les Britanniques venaient y chercher le soleil dès le XVIIIe siècle, et c’est à eux que l’on doit la fameuse promenade des Anglais. Aujourd’hui, avec ses jolies filles court vêtues et ses amateurs de patins à roulettes, on se croirait presque en Californie. À ceci près que le marché du cours Saleya fleure bon les parfums de la Provence.

La ville provençale de Grasse est le siège du Musée international de la parfumerie.

Commentaire reportage : Et le parfum, Grasse en a fait sa spécialité. À tel point que la ville a même son musée international de la parfumerie.

Une guide du musée : C’est l’histoire mondiale de la parfumerie. Pour raconter cette histoire, on a des collections, à peu près 2500 objets.

La plage d’Antibes.

Commentaire reportage : Envie d’un bain de mer quand le soleil est au zénith ? Hum ! ça sent bon le monoï sur les plages d’Antibes !

Plans montrant les différentes espèces animales et attractions du parc Marineland.

Commentaire reportage : À Marineland, on croise des sirènes d’un autre genre… les orques, les dauphins, véritables stars de cet immense parc aquatique.

Un soigneur du parc : C’est le plus grand bassin donc du monde…

Le château de Vallauris héberge plusieurs musées.

Commentaire reportage : Vallauris n’a pour symbole, ni orque, ni dauphin, mais un mouton sculpté par Picasso lui-même. Le maître découvre ici l’art de la céramique et en profite pour repeindre la chapelle ! Il perfectionne sa technique de linogravure pour composer des affiches. Aujourd’hui, les Picasso en herbe peuvent s’y essayer dans l’atelier du musée…

Des personnes participent à un atelier de gravure sous les conseils d’un professeur.

Le professeur : On va faire ce qu’on a vu dans l’exposition, c’est-à-dire un des motifs préférés de Picasso, la petite tête de faune.

Un élève : Non, mais c’est vrai qu’il y a une facilité quand même. Enfin, c’est la première fois que je fais ça, il suffit bien de suivre les instructions et après ça va tout seul…

Des personnes participent à un stage de rafting dans les gorges de Daluis en suivant les consignes d’un instructeur.

Voix d’un instructeur : Allez, on continue.

Commentaire reportage : On vous avait bien dit de suivre les consignes ! Pour descendre les gorges de Daluis, dans l’arrière-pays niçois, mieux vaut obéir au doigt et à la pagaie de l’adjudant rafting.

L’instructeur : Continuez s’il vous plaît quand je n’ai rien demandé. Donc voilà, sur la Côte d’Azur, le côté positif c’est la mer, la montagne, les rivières. Allez on pagaie en avant ! Allez hop !

Plan sur les terrasses de Nice. Un jeune homme assis à table est interviewé.

Commentaire reportage : Fourbus ? Alors retour à Nice pour une soirée-terrasse bien méritée !

Un jeune Niçois : Le cours Saleya, c’est inratable, c’est franchement flambant. L’été, y a plein de monde, c’est festif, y a plein de choses à faire… Donc, ouais, c’est super sympa !

Extraits de concerts du Festival de jazz de Nice.

Commentaire reportage : Et pour les amateurs de musique il n’y a que l’embarras du choix : le Nice jazz festival ou les plages électroniques de Cannes.

3 touristes étrangers sont interviewés dans la rue :

Touriste 1 : Je suis australien.

Touriste 2 : Nous sommes irlandais.

Touriste 3 : Bonne nuit, Nice est jolie !

Commentaire reportage : Eh oui, ça bouge sur la Côte d’Azur !

Atelier : Marseille la nuit (niveau débutant)